Syrie : dans son message adressé à un groupe consultatif réuni en Iran, Ban Ki-moon lance un appel à l’unité

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Le Secrétaire général Ban Ki-moon

« Nous sommes face à la possibilité d’une guerre civile de long terme qui détruirait la riche tapisserie de communautés coexistant depuis des siècles. Ceci aurait des implications tragiques pour le peuple syrien et pourrait remettre en cause la stabilité de la région. Nous ne pouvons pas laisser un tel scénario se réaliser », a déclaré le Secrétaire général dans un message a adressé en son nom lors d’une réunion consultative internationale sur la Syrie, qui s’est déroulée aujourd’hui à Téhéran, en Iran.

« Nous avons tous une responsabilité à assumer vis-à-vis du peuple syrien. Nous devons user de tous les moyens pacifiques de la Charte des Nations Unies pour l’aider à s’unir dans le cadre d’un processus de transition mené par les Syriens eux-mêmes et basé sur le dialogue et le sens du compromis, et non sur les balles, les arrestations, les enlèvements et les tentatives d’intimidation. »

Ces derniers jours, des informations ont fait état d’une escalade de la violence dans plusieurs villes et villages, ainsi que dans les deux plus grandes métropoles du pays, Damas et Alep, où les forces gouvernementales et celles de l’opposition se livrent des combats acharnés.

La semaine dernière, l’Assemble générale a adopté une résolution, dans laquelle elle appelle de ses vœux une transition politique sans exclusive conduite par les Syriens et menant à l’instauration d’un « régime politique démocratique et pluraliste ».

« Pour ce groupe consultatif, cela signifie qu’il fait redoubler d’efforts concertés en vue de persuader le leadership syrien de changer de cap et d’adhérer à l’idée d’une transition », a déclaré M. Ban.

Le chef de l’ONU a noté que la responsabilité première de mettre fin aux violences incombait aux parties sur le terrain, en particulier au gouvernement syrien. « Mais son refus de déposer les armes ne nous exonère pas du besoin d’agir. Je vous exhorte tous à assumer les responsabilités collectives qui sont les nôtres », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a ensuite déclaré qu’un premier geste par le gouvernement était vital, dans la mesure où « son intransigeance et son refus d’appliquer le plan de paix en six points ont constitué le plus grand obstacle à tout processus politique pacifique, provoquant la perte de confiance de l’opposition dans les proposition d’une transition négociée ». Celle-ci devrait aussi se montrer plus disponible à des opportunités en faveur d’une solution politique, a-t-il fait observer.

« Plus important et plus urgent, toutes les parties doivent protéger les civils et s’acquitter de leurs obligations en vertu du droit humanitaire international et des droits humains », a enjoint M. Ban.

Présenté en mars dernier par Kofi Annan, le plan de paix en six points appelait à la fin des violences, à l’ouverture d’un accès aux agences humanitaires, à la libération des détenus, au début d’un dialogue politique inclusif qui prenne en compte les aspirations du peuple syrien, ainsi qu’à un accès sans entrave pour les médias internationaux et au respect des libertés civiques de tous les Syriens.

Le Secrétaire général a également souligné l’importance de l’accord conclu fin juin par le Groupe d’action sur la Syrie à Genève, qui prévoie notamment la mise en place d’un organe de gouvernement transitoire, dotés des pleins pouvoirs exécutifs et capable d’instaurer un climat de neutralité dans lequel la transition pourra se faire.

« Pour la première fois, la communauté internationale est tombée d’accord sur une voie susceptible de déboucher sur un état authentiquement pluraliste et démocratique », a déclaré M. Ban, avant d’ajouter : « Ceci constituait une étape importante vers un processus mené par les Syriens eux-mêmes ».

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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