Sécheresse : coordonner les politiques pour mieux anticiper les risques dans ce domaine

Écouter /

La sécheresse qui sévit aux États-Unis d’Amérique et ses répercussions sur les marchés alimentaires mondiaux montrent à quel point notre monde interconnecté est vulnérable face à un risque naturel qui devrait s’accroître à l’avenir.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM), la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CCD) et d’autres organismes des Nations Unies redoublent d’efforts pour coordonner plus étroitement les politiques de lutte contre la sécheresse et mieux anticiper les risques dans ce domaine, de manière à remédier aux insuffisances constatées dans presque tous les pays.

«Le changement climatique devrait entraîner une augmentation de la fréquence, de l’intensité et de la durée des sécheresses, ce qui aura des répercussions sur un grand nombre de secteurs, en particulier l’alimentation, l’eau, la santé et l’énergie,» a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud. «Nous devons abandonner progressivement les approches au coup par coup (gestion de crise) pour mettre sur pied des politiques nationales concertées de lutte contre la sécheresse fondées sur la gestion des risques.»

«La famine de 2010, causée par la sécheresse, dans la région de la corne de l’Afrique, la crise que connaît actuellement le Sahel et la grande sécheresse qui frappe les États-Unis d’Amérique démontrent que tant les pays développés que les pays en développement sont vulnérables face à ce fléau,» a souligné Luc Gnacadja, Secrétaire exécutif de la CCD. «Il faut trouver d’urgence, dans le cadre des politiques nationales de développement, des solutions durables aux problèmes que posent la sécheresse, la désertification et la dégradation des terres.»

En vue d’atteindre ces objectifs, l’OMM, la CCD et d’autres partenaires du système des Nations Unies organisent du 11 au 15 mars 2013 une réunion de haut niveau sur les politiques nationales de lutte contre la sécheresse.

Pour cette année, l’observatoire américain de la sécheresse confirme qu’au 31 juillet 2012, 62,9 % du territoire continental des États-Unis d’Amérique (à l’exception de l’Alaska) connaissait une sécheresse modérée à exceptionnelle. La part du territoire national classée dans les catégories les plus critiques (sécheresse extrême à exceptionnelle) a doublé, passant de 10 % en juin à 22 % en juillet. La sécheresse et la chaleur extrêmes ont ravagé les cultures et le bétail dans les Grandes Plaines et le Midwest. Un bulletin diffusé le 16 août faisait état de quelques améliorations, notamment dans le Midwest, mais aussi d’une sérieuse détérioration de la situation.

Chaque semaine, une carte de surveillance de la sécheresse aux États-Unis d’Amérique est diffusée à l’intention des décideurs et du grand public pour qu’ils se fassent une idée claire et précise de la situation sur ce front. La majorité des pays ne disposent pas de ce type d’outil.

Outre la situation qui règne actuellement aux États-Unis, le dernier constat de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA) souligne la faiblesse de la mousson du sud-ouest en Inde, qui a démarré au début du mois de juin et s’est traduite par une pluviosité déficitaire dans la moitié des 624 districts du pays jusqu’à la fin du mois de juillet. Du 1er juin au 1er août, période qui correspond à la première moitié de la saison de la mousson, la pluviosité moyennée sur l’ensemble du pays atteignait tout juste 81 % de la normale, tandis que dans le nord-ouest, les totaux pluviométriques ne représentaient que 65 % de la normale. Or, en-dessous de 90 %, on parle déjà de sécheresse en Inde.

Dans son dernier bulletin sur l’état du climat mondial, la NOAA révèle que juillet 2012 se place au quatrième rang des mois de juillet les plus chauds, en moyenne mondiale, depuis le début des relevés, en 1880, et au premier rang pour les États-Unis d’Amérique. Il s’agit aussi du 329ème mois consécutif où la température mondiale a dépassé la moyenne calculée sur le XXe siècle.

D’après la Déclaration de l’OMM sur l’état du climat mondial en 2011, une grave sécheresse a commencé à sévir à la fin de 2010 en Afrique de l’Est, où elle a persisté la majeure partie de 2011. Elle a surtout touché les étendues semi-arides de l’est et du nord du Kenya, l’ouest de la Somalie et certaines zones de la frange sud de l’Éthiopie. En dehors de l'Afrique de l'Est, la plus grande sécheresse de l'année a concerné le centre-sud des États-Unis d'Amérique et les régions adjacentes du nord du Mexique.

(Extrait sonore : Mannava Sivakumar Directeur de l'Unité de la prévision du climat et de l’adaptation à l’OMM)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
23/10/2017
Loading the player ...