Rébellion à l'Est de la RDC : le Gouvernement rejette les accusations de trahison

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Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communications et médias de la RDC-Photo:Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Le porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende, a rejeté, ce mardi 14 août lors d'une conférence de presse à Kinshasa, les allégations de l'ancien ministre de la Justice, Mwenze Kongolo, accusant Kinshasa de trahison dans sa gestion du conflit qui sévit dans l'Est de la RDC. Il a plutôt lancé un appel aux Congolais pour consolider le «front contre les agresseurs».

Répondant aux accusations faites la veille par Mwenze Kongolo, Lambert Mende a déclaré:

«La conduite d'une guerre d'agression n'a rien à voir avec l'arrestation d'un individu ou groupe d'individus dont on sait qu'ils ne sont que des groupes agissant par procuration du véritable agresseur. Ce chant de sirène d'ex-cacique parait motivé par des préoccupations individuelles et carriéristes».

Lors de son point de presse à Kinshasa, l'ex ministre de la Justice avait estimé que le Gouvernement n'avait «rien fait» pour arrêter des chefs rebelles comme Jules Mutebutsi et Laurent Nkunda pour qu'ils soient déférés devant la justice.

Il avait par ailleurs dénoncé «la énième agression de la RDC par le Rwanda et l'Ouganda, sous couvert de la rébellion du M23». Il avait accusé le Gouvernement de trahison pour avoir «pendant longtemps» refusé la thèse d'agression, préférant parler de mutinerie au sein des FARDC.

«Le Gouvernement congolais, n'est en aucun cas, tenu de réagir sans avoir réuni tous les éléments d'un dossier au seul motif que des ONG ou des agences des Nations unies risqueraient de nous prendre de vitesse», a rétorqué Lambert Mende.

Pour illustrer des comportements affichés par Kinshasa et «qui frisent la trahison», Mwenze Kongolo avait également évoqué une certaine plainte contre Kigali. «J'avais déposé une fois une plainte contre la Rwanda à La Haye. Après mon départ du ministère de la Justice, on a envoyé feu Kisimba (Honorius) retirer cette plainte», avait-t-il rappelé.

«La Cour pénale internationale (CPI) n'existe que depuis 2002, année au cours de laquelle le redresseur des torts autoproclamé (Mwenze Kongolo) a quitté le gouvernement de la République. On est en droit de se demander à quel titre il a pu faire sa proposition», a répliqué le porte-parole du Gouvernement.

Ce dernier a plutôt appelé le peuple et la classe politique congolaise à plus de solidarité avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) pour mettre fin à «des agressions à répétition depuis la fin des années '90». L'option militaire, a-t-il poursuivi, n'est pas abandonnée, malgré «les percées significatives» enregistrées par la RDC sur le plan diplomatique.

Il a notamment évoqué «la reconnaissance par la communauté internationale de la responsabilité directe des autorités civiles et militaires du Rwanda dans l'hécatombe du Kivu». A cela, il a ajouté le retrait, par certaines puissances occidentales, de leurs aides au Rwanda à cause de son soutien aux rebelles du M23.

(Reportage: Gaius Shabilepa, pour Radio Okapi)

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16/10/2017
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