RDCongo : le CICR préoccupé par l’accentuation du caractère ethnique des récentes violences

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Dans les Kivus, RDC. Des délégués du CICR s’entretiennent avec des combattants d’un groupe armés et leur parlent des principes de base du droit international humanitaire. © ICRC / L. Courtois

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est vivement préoccupé par les attaques contre les civils dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) où les combats entre force gouvernementales et M23 font toujours plus de victimes parmi la population civile. Mais c'est surtout la nature des brutalités qui inquiète le CICR qui dénonce les violences au caractère ethnique croissant contre les civils dans les Kivus.

« Si la situation dans les deux provinces du Kivu est fragile et problématique depuis plusieurs années, les exactions auxquelles nous assistons depuis quelques mois envers les populations civiles sont extrêmement inquiétantes et contraires à tous les principes humanitaires de base », a déclaré le chef de la délégation du CICR à Kinshasa, Franz Rauchenstein. « De plus, l’accentuation du caractère ethnique des récentes violences est très préoccupante », a-t-il ajouté.

Au delà des combats et de l’insécurité qui prévalent dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, la nature de certaines attaques met aussi en danger l’accès aux soins pour les blessés et les malades, indique le CICR. Il dénonce une augmentation des pillages de centres de santé, autant d’attaques qui privent les communautés locales de soins médicaux pour une période pouvant aller jusqu’à plusieurs semaines. « Parfois, le simple fait de vouloir secourir un blessé, considéré par une partie aux conflits comme un ennemi, représente un danger », précise Franz Rauchenstein.

Le CICR demande par ailleurs le respect d’un « minimum de sécurité », afin de permettre au personnel humanitaire et médical de faire son travail.

Depuis des semaines, les volontaires de la Croix-Rouge prennent notamment des risques considérables pour enterrer les personnes qui ont été tuées lors des affrontements, après avoir fait le nécessaire pour leur identification, selon l’organisation. « Il est fondamental que les blessés, les malades et les personnes les plus durement touchées par le conflit soient prises en charge, ce qui ne peut se faire sans un minimum de sécurité », ajoute M. Rauchenstein. « Le personnel médical accomplit un travail remarquable avec un minimum de moyens et dans des conditions de plus en plus difficiles. Il doit souvent faire face à des afflux de personnes déplacées en étant lui-même en situation de grande vulnérabilité. »

Selon le CICR, ses délégués s’entretiennent régulièrement avec les parties aux différents conflits afin de leur rappeler les principes de base du droit international humanitaire. « Ils interviennent auprès des Forces armées de la RDC et des groupes armés afin que les populations civiles soient protégées et épargnées, que le personnel de santé et les travailleurs humanitaires ne soient pas attaqués et qu’ils puissent venir en aide, sans distinction, à toutes les personnes qui en ont besoin ».

(Interview : Marie-Servane Desjonquères, porte-parole du CICR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

Classé sous Dossiers, Maintien de la paix.
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16/10/2017
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