Petites armes : renforcer la vigilance contre les violences armées et la prolifération

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Jusqu'au 7 septembre, le Siège de l'ONU à New York accueille la deuxième Conférence d'examen du Programme des Nations Unies pour éliminer le commerce illicite des armes légères. De nombreuses contributions sont mises en exergue en plénière et en marge de la conférence, à l'instar de l'Étude 2012 sur les armes légères qui a été présentée lors d'un point de presse.

Intitulé ” Étude 2012 sur les petites armes: cibles mouvantes”, le document a pour ambition de renforcer la vigilance sur ce qui change et ce qui ne change pas en termes de violence armée et de prolifération des armes légères.

S'agissant des transferts internationaux autorisés d'armes légères et de petit calibre, ainsi que de leurs pièces, accessoires et munitions, l'étude les évalue à près de 8,5 milliards de dollars chaque année. La valeur annuelle des transferts internationaux autorisés de pièces détachées pour les armes légères et de petit calibre est estimée à environ 1,42 milliards de dollars. Le commerce de pièces pour armes à feu et armes légères militaires est dominé par les pays producteurs d'armes.

En 2009, les principaux exportateurs d'armes légères et de petit calibre (ceux dont les exportations annuelles totalisent au moins 100 millions de dollars) étaient, selon les données douanières disponibles et par ordre décroissant, les États-Unis, l'Italie, l'Allemagne, le Brésil, l'Autriche, le Japon, la Suisse, la Fédération de Russie, la France, la Corée du Sud, la Belgique et l'Espagne.

En 2009, les principaux importateurs d'armes légères et de petit calibre (ceux dont les importations annuelles totalisent au moins 100 millions de dollars) étaient, selon les données douanières disponibles et par ordre décroissant, les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Arabie saoudite, l'Australie, le Canada, l'Allemagne et la France.

Les chapitres de l'étude concernant les homicides par armes à feu en Amérique latine et dans les Caraïbes, la violence liée aux drogues dans certains pays d'Amérique latine et la violence non mortelle à travers le monde illustrent que la sécurité est une cible mouvante. En effet, la violence armée, à la fois mortelle et non mortelle, continue de compromettre la sécurité et le bien-être des populations et des sociétés à travers le monde.

Selon les coauteurs du rapport, l'objectif de réduire la prolifération des armes légères, inscrit dans le Programme d'action des Nations Unies, semble tout aussi hors d'atteinte. Les chapitres sur les armes légères illicites dans les zones de guerre, la transparence sur le commerce des armes, la piraterie somalienne et la Réunion des experts gouvernementaux de l'ONU (2011) soulignent quelques succès mais aussi les difficultés constantes dans ce domaine. Les études de cas sur le Kazakhstan et le Somaliland ainsi que le dernier volet du projet sur les transferts autorisés complètent l'édition 2012.

Parmi les principales conclusions, le rapport souligne que dans 21 des 23 pays d'Amérique latine et des Caraïbes dont les données ont été analysées, les taux d'homicides commis avec des armes à feu sont plus élevés que la moyenne mondiale de 42 %.

Le document indique aussi, qu'à l'échelle mondiale, près de deux millions de personnes – et probablement bien davantage – vivent avec des blessures par balle subies dans des situations de non conflit au cours de la dernière décennie. Ces blessures engendrent des coûts directs et indirects considérables, tels que les coûts associés au traitement, à la convalescence et à la perte de productivité.

L'étude remarque aussi, s'agissant de la piraterie au large des côtes somaliennes, que le nombre de tentatives d'attaque par les pirates somaliens a continué d'augmenter en 2011, mais que les attaques ont été moins fructueuses par rapport à 2010, et par conséquent, les détournements moins nombreux. Cela est notamment dû aux opérations conjointes et patrouilles mises en place par plusieurs pays, ainsi qu'au recours accru par les armateurs et les compagnies maritimes à des sociétés de sécurité privées.

S'agissant du processus de l'ONU sur les armes légères, le rapport rappelle notamment les recommandations clés de la Réunion des experts gouvernementaux relatives à la création d'un Comité technique appelé à rédiger les recommandations en termes de marquage, en tenant compte des évolutions dans la fabrication et la conception des armes, en soulignant que les différences entre le marquage des armes légères et le marquage des armes de petit calibre restent à explorer dans le cadre de l'ONU.

Par ailleurs, le Baromètre de transparence du commerce d'armes légères 2012 place la Suisse, le Royaume-Uni et la Roumanie au rang des pays les plus transparents parmi les principaux exportateurs d'armes légères et de petit calibre. Il indique également que l'Iran, la Corée du Nord et les Émirats Arabes Unis constituent les exportateurs principaux les moins transparents.

Le Small Arms Survey est réalisé chaque année par une équipe de chercheurs basée à Genève en Suisse et un réseau international de chercheurs locaux. Les décideurs politiques, diplomates et organisations non gouvernementales le considèrent comme une ressource essentielle pour l'analyse des problématiques liées aux armes légères et aux stratégies de réduction de la violence armée.

(Interview : Nicolas Florquin, chercheur à l'Institut de hautes études internationales et du développement de Genève; propos recueillis par Jérôme Longué)  

 

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Classé sous Dossiers, Droit et crime.
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23/11/2017
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