Liberia : les services de Navi Pillay préoccupés par un projet de loi criminalisant l'homosexualité

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Au Liberia, les sénateurs ont voté, en fin de semaine dernière, un amendement interdisant le mariage homosexuel. En votant à l’unanimité un amendement constitutionnel prévoyant d’interdire le mariage homosexuel, plusieurs activistes libériens redoutent que les sénateurs aillent même plus loin en proposant prochainement de criminaliser les relations entre personnes du même sexe. Et cela a de quoi inquiéter le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme qui redoute une loi qui pourrait aggraver les conditions de vie de la communauté homosexuelle au Libéria.

Le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme est vivement préoccupé par la décision prise le 20 juillet dernier par le Sénat libérien de criminaliser l'homosexualité. Ce projet de loi qui condamne largement les homosexuels, est désormais examiné devant le Parlement. L'Homosexualité y est considérée comme un crime passible d'emprisonnement et le mariage entre personnes du même sexe est interdit. Si cette loi est adoptée, « séduire, encourager ou promouvoir » un acte homosexuel peut entrainer des poursuites pénales. « Ce texte pourrait donc aggraver les conditions de vie de la communauté homosexuelle au Libéria ».

Selon Ravina Shamdasani, porte parole du Haut Commissaire aux Droits de l'Homme, une atmosphère d'intimidation règne déjà au Libéria tandis que plusieurs attaques ont été perpétrées contre la communauté activiste gaie et lesbienne. Cette loi pourrait également contribuer à la stigmatisation des séropositifs ou des prostituées.

Cette proposition s'inscrit dans un environnement juridique déjà très sévère qui condamne par exemple la sodomie comme un délit. Les services de Navi Pillay rappellent que condamner des actes entre adultes consentants va à l’encontre des lois internationales sur le respect des droits humains que Monrovia a ratifié.

Mais pour que cette loi entre en vigueur, ce projet de loi du Sénat libérien doit désormais avoir l’accord des députés pour que le texte soit promulgué. Et cela ne suffit pas, car la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, doit ensuite l’approuver pour qu'elle soit validée.

(Mise en perspective d'Ambre Benais à Genève ; avec un extrait sonore de Ravina Shamdasani, porte parole du Haut Commissaire aux Droits de l'Homme)

LE DERNIER JOURNAL
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17/10/2017
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