Khadija Chérif : « Ne rien céder sur les droits des femmes »

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Pour Khadija Chérif, Secrétaire générale du Mouvement mondial des droits de l'homme (FIDH) et ancienne présidente de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (Mouvement féministe historique en Tunisie), il n'est pas question de céder sur les acquis de la révolution tunisienne et les droits des femmes.

Khadija, comme plusieurs militants et militantes pour les droits des femmes s'insurge contre un texte que les islamistes tentent d'introduire dans la Constitution.

« Si ce texte passe », explique Khadija au micro de la Radio des Nations Unies, « les gains en matière d’égalité et de droits fondamentaux des femmes ainsi que le statut des femmes dans la société acquis au cours des cinq dernières décennies, risquent de subir une rétrogression».

Le texte place les femmes sur un pied d’inégalité avec les hommes et ne les considère pas comme des individus indépendants, complets. Il délimite leur rôle comme étant « complémentaire à celui des hommes dans la famille » et ne parvient pas à faire en sorte que cette disposition s'applique de manière réciproque. « Les droits sont garantis aux femmes non par le fait qu'elles soient des êtres humains, mais plutôt sur la base qu'elles sont complémentaires aux hommes».

À travers la FIDH, Kahdija s'est mobilisés avec les associations féministes et les défenseurs des droits de la femme, pour sensibiliser la société tunisienne et la communauté internationale aux conséquences extrêmement dangereuses de l'adoption d'un tel texte par l'Assemblée constituante.

Ils ont reçu le plein soutien du Groupe de travail des Nations Unies sur la discrimination à l'égard des femmes dans la législation et dans la pratique. Ce dernier a appelé le nouveau gouvernement tunisien à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les acquis du pays en matière d’égalité, de non-discrimination et des droits fondamentaux des femmes, conformément à ses obligations internationales en matière de droits de l’homme.

À cet égard, les experts ont souligné les actions menées par les dirigeants successifs tunisiens pour promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes depuis l’indépendance du pays.

La quête de l’égalité en Tunisie a été poursuivie pendant près d’un siècle par le mouvement des femmes et a inspiré le gouvernement pour l’adoption du Code du statut personnel en 1956. Par conséquent, les femmes en Tunisie ont longtemps bénéficié d’une position admirée dans une région où il reste encore beaucoup à faire pour protéger et promouvoir les droits fondamentaux des femmes.

Interview : Khadija Chérif, Secrétaire générale du Mouvement mondial des droits de l'homme (FIDH) et ancienne présidente de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (Mouvement féministe historique en Tunisie); propos recueillis par Maha Fayek

 

 

 

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22/09/2017
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