Journée internationale des personnes disparues : l'angoisse de milliers familles à élucider le sort de leurs proches

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Ce jeudi 30 août est la Journée internationale des personnes disparues. Une occasion pour les Nations Unies et le Comité international de la Croix Rouge (CICR) de rappeler le sort d’innombrables familles de personnes disparues de par le monde suite à un conflit armé ou d’autres situations d’urgence. Des familles vivent ainsi dans un état d'angoisse et d'incertitude permanentes surtout quand elles restent durant des décennies sans aucune nouvelle de leurs proches.

En date du 23 août 2012, seuls 34 États étaient parties à la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, et 91 États l’avaient signée. On entend par disparition forcée «l’arrestation, la détention, l’enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté par des agents de l’État ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec l’autorisation, l’appui ou l’acquiescement de l’État, suivi du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve, la soustrayant à la protection de la loi». 

Le CICR rappelle que « les personnes qui ne savent pas si ceux qui ont disparu sont vivants ou morts vivent dans l'incertitude ». Dans certains cas, elles attendent depuis des décennies, et il est fréquent qu'elles souffrent d’isolement affectif et social. « Parfois, elles sont même rejetées comme si elles portaient malchance, et les femmes peuvent être stigmatisées du fait qu’elles ne sont plus sous la protection d'un membre masculin de la famille. »

Les États ont l’obligation d’élucider le sort des personnes disparues dans le monde entier. Pour s’acquitter de cette obligation, ils doivent notamment incorporer les dispositions du droit international humanitaire relatives aux personnes disparues dans leur législation nationale.

Pourtant, les disparitions forcées restent en 2011 une réalité trop fréquente comme en témoignent les travaux du groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires, créé en février 1980, et qui a recensé plus de 1800 nouveaux cas durant les cinq dernières années, dont plus d'une centaine dans 22 pays en 2010.

« On ne connaît pas le nombre exact de personnes disparues en Colombie, mais l'on sait qu'il est bien plus élevé que les 51 000 cas documentés dans le registre national géré par l'État », souligne par ailleurs le CICR. Au Népal, il s'agit de 1 401 personnes portées disparues au cours du conflit armé interne qui a déchiré ce pays pendant une décennie de  1996 à2006.

En Libye, où de nombreuses personnes ont disparu, bon nombre peut-être arrêtées ou mortes durant le récent conflit, des milliers de familles ne savent toujours pas ce qu’il est advenu de leurs proches.

(Interview : Dorothea Krimitsas, porte-parole du CICR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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13/12/2017
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