Guinée : les services de Navi Pillay dénoncent l'usage disproportionné de la force

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Le Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU critique l'usage excessif de la force et les violences policières de ces dernières semaines en Guinée. Les services de Navi Pillay sont inquiets par la situation politique et sécuritaire qui prévaut à Conakry, à la suite des violences survenues en marge d’une manifestation, le lundi 27 août, des partis d'opposition. Navi Pillay appelle le gouvernement guinéen, les forces de l’ordre et les partis d'opposition à s’abstenir de toute violence et à la mise en place d’un cadre consensuel en vue de la tenue d’élections législatives, dernière étape de la transition politique initiée en 2010.

Le dernier épisode de cette répression policière date du 27 août dernier lors d'une manifestation de l'opposition à Conakry en faveur de l'organisation des élections législatives. Une journée marquée par l'arrestation de plusieurs de militants de l'opposition et par de nombreux blessés, tant dans les rangs des manifestants qu'au sein des forces de l'ordre. Le Haut Commissariat aux droits de l'homme évoque ainsi l'utilisation de balles réelles et l'usage de gaz lacrymogènes dans les concessions d’un chef de l’opposition.

Ces brutalités sont intervenues peu après celles qui ont eu lieu le 3 août dernier à Zogota, au cours desquelles les forces de sécurité avaient tué six villageois qui protestaient contre la politique de recrutement d'une société minière.

« Le gouvernement a lancé une enquête sur les tueries et nous appelons les autorités à veiller à ce que les responsables soient traduits en justice », fait remarquer le Haut Commissariat. Selon son porte-parole, Rupert Colville, cela rendrait justice aux victimes et enverrait ainsi un message clair à la lutte contre l'impunité des forces de sécurité.

Ces violences interviennent dans un contexte politique particulièrement tendu, autour de l’organisation des élections législatives et des négociations sur la composition de la Commission électorale nationale indépendante. « Compte tenu du climat politique tendu en Guinée, nous appelons toutes les parties prenantes à la plus grande retenue », a souligné Rupert Colville, au cours d'un point de presse ce vendredi à Genève. « Les manifestants doivent être autorisés à exercer leur droit de rassemblement pacifique et d'expression. Les forces de l'ordre doivent appliquer la loi et l'ordre de manière adéquate », ajoute-t-il.

Les services de Navi Pillay encouragent toutes les parties prenantes à œuvrer pour un dialogue inclusif, y compris avec la participation des acteurs de la société civile, afin de s’assurer que les élections régulièrement reportées aient lieu sans délai. Et cela passe par la mise en place d'un cadre consensuel en vue de la tenue de ce scrutin législatif en Guinée.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo ; avec un extrait sonore de Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU)

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20/10/2017
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