Comité pour l’élimination de la discrimination raciale : le Sénégal qualifie le problème casamançais de politique et de développement

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Le Sénégal, avec la région de la Casamance au sud.

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale a examiné, hier mercredi 15 août à Genève, le rapport du Sénégal sur les mesures prises par le pays pour se conformer aux dispositions de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. La délégation sénégalaise a attiré l’attention sur la particularité du pays, carrefour de métissage et qui continue d’être un lieu de brassage culturel et religieux, une terre de tolérance et d’hospitalité.

L’expert chargé de l’examen du rapport du Sénégal, Kokou Mawuena Ika Kana Ewomsan, a relevé que les problèmes relatifs, notamment, aux migrants, aux enfants talibés, aux réfugiés, au système de castes et au conflit en Casamance ont particulièrement retenu l’attention des membres du Comité. Rappelant que lors de l’examen de son précédent rapport, le Sénégal n’avait pas reconnu le caractère ethnique de ce conflit, le rapporteur a souhaité que la situation soit réglée de façon pacifique en tenant compte de tous les aspects de la question pour permettre au Sénégal de réaliser la réconciliation nationale.

En réponse aux interpellations des experts, Dakar a affirmé que le dossier de la Casamance est éminemment politique, sans aucune considération basée sur l’ethnie, la race ou la religion. La délégation sénégalaise s’est dite «ahurie» par les informations évoquées par un membre du Comité concernant des bombardements de populations civiles au Sénégal, précisant que ces informations ne sont «absolument pas fondées».

Les revendications indépendantistes des rebelles casamançais ne sont absolument pas fondées d’un point de vue juridique, a par ailleurs affirmé la délégation. Il faut que le Comité intègre le fait qu’il y a eu des influences extrêmement néfastes de la guerre de libération en Guinée Bissau, a-t-elle insisté.

Pourquoi prendre les armes dans un pays aussi libre et démocratique que le Sénégal, a poursuivi la délégation? Le Sénégal a ajouté qu’une frange importante de la rébellion est en train de se constituer en parti politique. Au regard de la Convention, «le conflit casamançais n’est absolument pas un conflit à relent discriminatoire», a insisté la délégation.

L’un des facteurs ayant jusqu’ici entravé la résolution des problèmes de la Casamance est celui du discontinuum territorial, le partenaire gambien ne s’étant jusqu’ici pas entendu avec le Sénégal pour la construction d’un pont sur la Gambie pour que l’on puisse joindre cette partie sud du territoire sénégalais. Néanmoins, le Sénégal a été informé que les travaux pour la construction d’un pont sur la Gambie allaient démarrer incessamment, avec un financement de la Banque africaine de développement.

(Extrait sonore : Fodé Seck, Représentant permanent du Sénégal auprès des Nations Unies à Genève)

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15/12/2017
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