Syrie : le Conseil des droits de l'homme condamne l'assassinat ciblé d'enfants

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Des manifestants en Syrie. Par sa nouvelle résolution, le Conseil des droits de l'homme condamne l'assassinat ciblé d'enfants

Le Conseil des droits de l’homme a adopté, ce vendredi 6 juillet à Genève, une nouvelle résolution sur la Syrie qui condamne fermement les violations graves et systématiques des droits de l’homme dans ce pays et le fait que les civils soient aveuglément pris pour cibles par les autorités.  Il insiste sur l’importance des efforts de sa Commission d’enquête pour mener des investigations transparentes, indépendantes et sans entraves sur les allégations de violations du droit international des droits de l’homme en Syrie.

Le Conseil condamne en particulier l’assassinat ciblé d’enfants et le fait que des enfants aient été arbitrairement arrêtés, détenus, torturés et soumis à des mauvais traitements, notamment des violences sexuelles.  Il déplore les conséquences très inquiétantes pour les droits de l’homme de l’inexécution du plan en six points de l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes et demande d’urgence la mise en œuvre complète et immédiate de tous les éléments de ce plan sans condition préalable. 

Le Conseil réitère son appel urgent aux autorités syriennes pour qu’elles mettent immédiatement fin à toutes les violences et à toutes les violations des droits de l’homme et assument leur responsabilité de protéger la population civile.  Il réitère également l’importance de traduire en justice les auteurs de violences systématiques contre le peuple syrien. 

Le Conseil souligne l’importance de la recommandation de sa commission d’enquête, selon laquelle le peuple syrien devrait déterminer, sur la base de consultations élargies et crédibles et dans le cadre défini par le droit international, le processus et les mécanismes nécessaires pour obtenir et établir la réconciliation, la vérité et la responsabilité de graves violations des droits de l’homme, et accorder des réparations et des remèdes efficaces aux victimes.

La a été adoptée par 41 voix pour et 3 ont voté contre notamment la Russie, la Chine et Cuba, tandis que 3 pays se sont abstenus à savoir Ouganda, Philippines et Inde.

En tant que pays concerné, la Syrie a indiqué qu'elle ne reconnaît pas cette résolution, car elle encourage la violence, les assassinats, mine le plan Annan et éloigne toute coopération des autorités syriennes.

Expliquant sa position après le vote, la Fédération de Russie a souligné que la réunion du 30 juin dernier à Genève s’est faite dans un cadre constructif, alors qu’aujourd’hui, la résolution adoptée va à l’encontre de cet esprit et ne condamne pas le terrorisme des groupes armés de l’opposition. « Ce projet de résolution ira à l’encontre des efforts en cours, y compris en Syrie même », a ajouté le Représentant de la Russie qui ne voit pas de raison particulière à refuser l’amendement proposé par sa délégation et condamnant tous les actes de terrorisme.  Pour sa part, la Chine a déclaré que les activités terroristes, peu importe où et quand elles se produisent, devaient être condamnés par la communauté internationale. 

Du côté des Etats-Unis, on rappelle que ce projet de résolution « envoie un message clair aux forces de sécurité syriennes pour leur dire de «pas laisser Assad abuser de leur loyauté à la nation ».  « Votre mission, en tant que forces armées de la Syrie, est de protéger le peuple syrien et non de prolonger la mainmise d’Assad sur le pouvoir.  Pour vous acquitter de votre responsabilité, il faut cesser la répression et mettre sur pied un gouvernement intérimaire bénéficiant d’une large assise pour engager la Syrie vers un avenir démocratique», a conclu la représentante américaine auprès du Conseil, Eileen Chamberlain Donahoe. 

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève)

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19/10/2017
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