Syrie : le Conseil de sécurité rejette le projet de résolution britannique

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Le Conseil de sécurité a donc rejeté ce matin le projet de résolution présenté par le Royaume-Uni sur la situation en Syrie. La Fédération de Russie et la Chine ont opposé leur double veto, alors que le Pakistan et l'Afrique du Sud se sont abstenus.

Dans l'immédiat le double veto russe et chinois va obliger le Conseil à trouver rapidement un compromis sur un nouveau texte purement technique permettant au moins de renouveler le mandat des observateurs de l'ONU sur le terrain, mandat qui arrive à expiration ce vendredi 20 juillet.

Ainsi donc, malgré les appels lancés notamment par le Secrétaire général, Ban Ki-Moon, et l'Envoyé spécial conjoint de l'ONU et de la Ligue des États arabes, Kofi Annan, appels en faveur d'une action unie et concertée pour mettre fin à la violence en Syrie, le Conseil de sécurité a échoué à adopter une résolution qui aurait menacé de sanctions Damas.

Le diplomate russe, Vitaly Churkin a justifié le veto par le fait que le projet de résolution était biaisé et préfigurait même une intervention militaire internationale en Syrie. Il a regretté le refus d'examiner le projet de résolution présenté par Moscou. Des arguments largement repris par Li Baodong, l'Ambassadeur chinois qui, pour expliquer le vote de son pays, a aussi invoqué l'obligation de non ingérence et celle de maintenir le consensus du Conseil sur la question syrienne.

Parmi les onze États qui ont soutenu le projet, la France par la voix de son Représentant permanent, Gérard Araud, n'a pas caché son indignation. Il a rappelé les efforts pour tenter de réconcilier la communauté internationale autour de la mission de l'Envoyé spécial conjoint, Kofi Annan. Sur la base de ses propositions, les résolutions 2042 et 2043 ont été adoptées. Une mission d'observateurs a été déployée sur le terrain. Un plan de transition a été agréé à Genève le 30 juin, plan où reconnaissions, avec la Russie et la Chine, le droit du peuple syrien à disposer d'un avenir démocratique, avec à sa tête des dirigeants crédibles et légitimes qu'il aurait lui-même choisis.

Aussi, pour Gérard Araud, il est désormais clair que la Russie ne vise qu'à laisser plus de temps au régime syrien pour écraser l'opposition. Depuis 17 mois et 17 000 morts, la Russie et la Chine prônent pressions douces et contacts diplomatiques, renvoient aux parties la seule responsabilité du processus à mettre en œuvre. Les contacts avec le Président Assad sont systématiquement jugés encourageants. La seule urgence reconnue est celle d'attendre, et l'on est semble-t-il toujours trop brutal avec les dictateurs sanguinaires.

Selon Gérard Araud, le projet de résolution présenté par le Royaume-Uni établissait une menace de sanctions. Il laissait dix jours au régime syrien pour enfin respecter ses engagements. Il revenait ensuite au Conseil de constater la mise en œuvre ou non de ses décisions. Il revenait ensuite au Conseil de choisir les sanctions qu'il jugeait nécessaire d'appliquer. Le Conseil restait donc maître des étapes suivantes, a fait valoir le diplomate français.

Enfin, dernier orateur, le Représentant de la Syrie, Bashar Ja'afari s'est étonné que le Conseil de sécurité n'ait pu parvenir à un consensus pour condamner l'attaque terroriste dont son pays a été victime mercredi. Il a appelé à mettre fin à la violence et au financement des terroristes, mais aussi aux sanctions unilatérales injustes dont est victime le peuple syrien. Il a aussi insisté sur le rôle majeur que joue la Syrie pour la stabilité de la région.

(Mise en perspective : Jérôme Longué avec un extrait sonore de l'intervention du Représentant permanent de la France, Gérard Araud)

Classé sous Conseil de sécurité, L'info.
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16/10/2017
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