Syrie : la Mission des observateurs de l'ONU finalement renouvelée d'un mois

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Un convoi de la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS), à Homs, le 3 mai dernier (UN Photo/Nadine Kaddoura)

Vingt-quatre heures seulement après le double veto russe et chinois à un projet de résolution qui prévoyait des sanctions contre le régime syrien, le Conseil de sécurité est parvenu ce matin, lors d'une réunion éclair, à adopter, à l'unanimité, la résolution 2059 pour renouveler d'un mois le mandat de la MISNUS, la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie.

Pourtant, sur le terrain, les violences semblent se poursuivre voire s'intensifier. Résultat : le bilan humanitaire s'alourdit d'heure en heure. Les agences de l'ONU s'alarment de voir un flux grandissant de milliers de Syriens fuir leurs domiciles et se réfugier dans les pays voisins.

Par la résolution 2059 Alors que les violences semblent avoir atteint un nouveau seuil, y compris à Damas, le Conseil de sécurité a adopté ce matin, à l'unanimité, la résolution 2059. Un texte par lequel le Conseil décide de renouveler une dernière fois, de trente jours, le mandat des observateurs militaires de la MISNUS. Les quinze qui ne ferment toutefois pas totalement la porte à d'autres renouvellements, en exprimant leur volonté de proroger encore fin août le mandat de la Mission, si, et seulement si, les rapports du Secrétaire général et le Conseil de sécurité confirment la cessation de l'utilisation des armes lourdes et une réduction de la violence par toutes les parties. Une double condition qui permettrait à la Mission de s'acquitter de son mandat.

A l'issue de la réunion, devant la presse, plusieurs ambassadeurs se sont félicités de l'adoption de la résolution. Ainsi, satisfecit de l'américaine Susan Rice, même s'il aurait préféré voir adopté le projet rejeté jeudi. Même son de cloche chez le Représentant permanent du Royaume-Uni qui a rappelé que la violence est telle qu'elle n'a pas permis depuis 35 jours à la Mission de l'ONU de s'acquitter de son mandat. L'ambassadeur d'Allemagne Peter Wittig, a quant à lui qualifié l'adoption de la résolution 2059 de décision responsable et réaliste. Enfin, les Ambassadeurs de la Chine et de la Russie, pays qui avaient recouru la veille leur veto, se sont eux aussi réjouis de l'adoption du texte, le jugeant équilibré, en regrettant que cette option consensuelle et de bon sens n'ait pas été retenue plus tôt.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
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20/10/2017
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