Syrie : la MISNUS s'apprête à restructurer la présence des observateurs sur le terrain

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Le Secrétaire général Ban Ki-moon (à droite) et le général norvégien Robert Mood. (Photo ONU/Devra Berkowitz)

La Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS) est en cours de restructuration pour lui permettre de mieux s’acquitter de son mandat, a annoncé aujourd’hui son chef, le Général Robert Mood.

« La MISNUS n’est pas une mission statique, elle s’adaptera et se reconfigurera constamment afin de mieux servir les besoins et de répondre aux aspirations du peuple syrien et nous y travaillons en ce moment même », a déclaré le chef des observateurs militaires lors d’une conférence de presse à Damas. « Nous allons renforcer notre présence au niveau régional pour nous donner plus de flexibilité, une fois que reprendront nos opérations », a-t-il ajouté.

La MISNUS consolidera sa présence dans huit sites, répartis dans différentes parties de la Syrie, grâce à des observateurs et des ressources détachés de Hamas, Idlib et Tartus. Le Général Mood a précisé que cette consolidation n’affecterait pas le mandat actuel de la Mission ou le nombre de personnels déployés.

Les activités de surveillance des observateurs ont été suspendues le 15 juin en raison de l’intensification, à un « niveau sans précédent », des violences sur le terrain, a rappelé aux journalistes le Chef de la MISNUS.

Le Conseil de sécurité a établi la Mission pour trois mois en avril dernier afin de surveiller la cessation des violences en Syrie et la pleine mise en œuvre du plan de paix en six points de l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes, Kofi Annan.

« Lorsque la mission a été créée en avril, nous avions besoin de nouer le contact avec les populations locales et de nous familiariser avec la géographie des lieux et le tissu social du pays », a indiqué le Chef des observateurs. « Ceci a été également très utile pour surveiller le cessez-le-feu et signaler ses violations. »

« Maintenant, nous sommes dans une situation où nous avons les contacts et les connaissances, mais n’avons pas obtenu le cessez-le-feu », a-t-il relevé. « Il est donc temps de nous réorganiser de manière à pouvoir, une fois que les activités de surveillance pourront reprendre, mener des tâches qui exigent une implantation prolongée dans des zones spécifiques d’un plus grand nombre d’observateurs.

Le mandat de trois mois de la MISNUS expire le 20 juillet. Le Conseil de sécurité doit se réunir dans les jours à venir pour en examiner l’éventuelle prorogation.

« Quelle que soit la décision du Conseil, la responsabilité de la communauté internationale envers le peuple syrien est autant morale que politique », a rappelé le Général Mood, qui a ajouté : « Nous ne pouvons pas détourner les yeux des souffrances du peuple syrien et continuerons d’œuvrer à la recherche d’une solution pacifique à la crise. »

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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15/12/2017
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