Syrie : Ban Ki-moon préoccupé par la situation à Alep et la menace des armes chimiques

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Le Secrétaire général Ban Ki-moon

De retour d'un long périple qui l'a successivement conduit en Chine, dans plusieurs pays ou région de l'Ex-Yougoslavie et aux Jeux olympiques de Londres, le Secrétaire général des Nations Unies, a rencontré ce lundi, à New York, les journalistes au cours d'un rapide point de presse. Ban Ki-moon a surtout mis l'accent sur la situation en Syrie, une situation qu'il a qualifiée de ” tragique et intolérable”, qu'il a suivie tout au long de son voyage.

Le Secrétaire général a indiqué qu'à Londres, dernière étape de son voyage, largement consacrée aux Jeux olympiques et à des réunions bilatérales, il a rencontré l'Envoyé spécial conjoint de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan. Il a estimé que l'Envoyé spécial travaille pour une résolution pacifique du conflit, mais qu'il faut pour cela que la communauté internationale soit unie et qu'il dispose d'un soutien concret pour y parvenir.

Ban Ki-moon a souligné que tout comme l'’Envoyé spécial conjoint, il est profondément préoccupé par la situation à Alep. La violence a déjà forcé un grand nombre de civils à fuir leurs maisons. Le Secrétaire général se dit extrêmement préoccupé par l’impact des bombardements et l’utilisation d’autres armes lourdes contre des civils à Alep et dans d’autres villes en Syrie. Il rappelle aux parties au conflit leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et des droits de l'homme, et les exhorte à faire preuve de retenue et à éviter toute nouvelle effusion de sang.

Le Secrétaire général a aussi réitéré sa préoccupation au sujet des armes de destruction massive, y compris les armes chimiques. L’utilisation de ces armes est interdite en vertu du droit international. Toute utilisation de ces armes serait un crime scandaleux et une préoccupation majeure pour la communauté internationale tout entière. Ban Ki-moon a donc appelé le gouvernement à renoncer à la possibilité d’utiliser ces armes en toutes circonstances, et à assurer la sûreté et la sécurité des stocks.

Le diplomate sud-coréen a également souligné que le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, s’est rendu récemment en Syrie, où il a appelé le gouvernement à mettre un terme à l’utilisation d’armes lourdes et à démontrer son engagement à mettre fin à la violence armée. Des responsables gouvernementaux ont déclaré à plusieurs reprises qu’ils respecteraient ces engagements. Nous attendons toujours qu'ils agissent a déclaré Ban Ki-moon, ajoutant, que lors de ses rencontres avec l’opposition syrienne, Hervé Ladsous a souligné que toutes les parties doivent s’engager à cesser la violence armée.

Le Secrétaire général a regretté que le gouvernement ait poursuivi sa répression brutale en attaquant des régions densément peuplées avec des avions de combat et des hélicoptères. De même, il a déploré que les groupes d’opposition armés aient également intensifié leurs attaques. Les Nations Unies évaluent la situation et leurs options. Elles ont intensifié leurs opérations humanitaires pour tenter d'aider au mieux les quelque deux millions de personnes touchées par la violence.

Pour Ban Ki-moon, la poursuite des combats n’est pas la réponse. La poursuite de la militarisation de ce conflit ne fera que perpétuer la dévastation et prolonger la souffrance. De plus, une guerre civile sectaire mettrait gravement en péril les voisins de la Syrie. Aussi, la seule solution est une transition syrienne dirigée qui réponde aux aspirations légitimes du peuple syrien.

Le Secrétaire général a donc appelé toutes les parties à prendre des mesures immédiates pour répondre aux exigences du Conseil de sécurité, et à donner à la Syrie la chance dont elle a besoin de dépasser la violence et d'emprunter le chemin de la paix.

Au début du point de presse, Ban Ki-moon, avait indiqué que lors de sa visite en Chine, il a eu des discussions intensives avec le président Hu Jintao, le vice-président Xi Jinping, le ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi et d’autres dirigeants. Il a aussi eu l'occasion de parler directement avec la population du pays à travers une interview en direct sur Weibo.

Le Secrétaire général a aussi précisé que durant une période de six jours, il s'est rendu dans les différentes parties de l’ex-Yougoslavie, notamment en Slovénie, en Croatie, au Monténégro, en ex-République yougoslave de Macédoine, au Kosovo, à Belgrade, et en Bosnie-Herzégovine, une première pour un Secrétaire général de l'ONU. A chaque étape, il a souligné l’importance du dialogue, du respect, de la réconciliation et de la compréhension mutuelle. Ban Ki-moon avoir été profondément impressionné par la résilience et le dynamisme de la région.

Au Kosovo, il a participé à de bonnes réunions avec les dirigeants ainsi qu'avec la Mission des Nations Unies au Kosovo. ”Je suis reconnaissant pour leur travail important dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 1244 du Conseil de sécurité en vue de construire des institutions démocratiques, de protéger les droits des minorités et de promouvoir la confiance”.

Ban Ki-moon a souligné que lors de ses entretiens, il a dit aux dirigeants de Belgrade et de Pristina qu'il attendait des deux parties un engagement sérieux et sincère au dialogue. Selon lui, toutes les questions, en particulier les tensions dans le Nord, doivent être résolues pacifiquement.

Le Secrétaire général a également déclaré devant les journalistes avoir été profondément honoré et ému de se rendre en Bosnie-Herzégovine et de se recueillir au Centre commémoratif de Srebrenica. Il a fait une promesse solennelle aux familles des victimes – et lancé un appel à la communauté internationale, en vue d'honorer leur mémoire et de leur rendre justice.

A Londres, le Secrétaire général a participé à toute une série d'événements, notamment le relais de la flamme olympique, une cérémonie consacrée à la Trêve olympique et à la cérémonie d'ouverture de la 30ème Olympiade, sans oublier une série de réunions bilatérales.

Enfin, Ban Ki-moon s'est déclaré déçu par la conclusion de la Conférence sur le Traité sur le commerce des armes, notamment par le fait que les négociateurs n’aient pu se mettre d’accord sur un texte. Il a aussi rapidement évoqué la situation au Myanmar.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

Classé sous Actualités du Siège, L'info.
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20/10/2017
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