Syrie : à Moscou, Kofi Annan espère que le Conseil de sécurité parviendra à un accord

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Kofi Annan, l'Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabe pour la crise en Syrie (Photo ONU/Jean-Marc Ferré)

L’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la crise en Syrie, Kofi Annan, a émis mardi l’espoir que les membres du Conseil de sécurité seraient en mesure de parvenir à un accord pour répondre à la situation qui prévaut dans ce pays du Moyen-Orient.

« J’ai l’espoir que le Conseil poursuivra ses discussions et, il faut l’espérer, s’accordera sur un langage agréé par tous ses membres pour nous permettre de progresser sur cette question cruciale », a déclaré Kofi Annan en conférence de presse, à l’issue d’une entrevue avec le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine.

L’Envoyé spécial conjoint a indiqué avoir eu avec Vladimir Poutine une « excellente » conversation, qui a porté sur les mesures à prendre pour mettre fin aux violences et aux tueries en Syrie et sur les moyens d’y ouvrir une transition politique.

Kofi Annan est arrivé hier à Moscou pour deux journées de pourparlers. Il avait déjà souligné l’importance d’un Conseil de sécurité uni sur le dossier syrien, affirmant que s’il parlait d’une seule et même voix, cette voix porterait plus loin.

En outre, l’Envoyé spécial conjoint a lancé des appels répétés aux parties pour qu’elles appliquent son plan de paix en six points, qui appelle à la fin des violences, à l’ouverture d’un accès aux agences humanitaires, à la libération des détenus, au début d’un dialogue politique inclusif qui prenne en compte les aspirations du peuple syrien, ainsi qu’à un accès sans entrave pour les médias internationaux et au respect des libertés civiques de tous les Syriens.

« Comme je l’ai dit auparavant, nous devons tout mettre en œuvre pour faire cesser les violences et le Conseil adressera, je l’espère, un message reconnaissant le caractère inacceptable des tueries et de la situation sur le terrain », a poursuivi Kofi Annan. « Avec un peu d’espoir, le Conseil présentera un front uni et penchera en faveur de la paix. »

De son côté, le Secrétaire général de l’ONU s’est entretenu lundi avec le Ministre des affaires étrangères russe, Serguey Lavrov, de la situation en Syrie, ainsi que du « besoin impératif » de mettre fin aux violences dans le pays. Ban Ki-moon a également souligné l’importance des discussions de l’Envoyé spécial conjoint à Moscou, « compte-tenu de l’escalade alarmante » de la situation en Syrie.

« Ban Ki-moon a appelé la Russie à exercer son influence pour veiller à la mise en œuvre intégrale et immédiate du plan de paix en six points et du communiqué du Groupe d’action, ainsi que des résolutions 2042 et 2043 du Conseil de sécurité », a déclaré le porte-parole de Ban Ki-moon.

Ces deux résolutions portent sur le déploiement des observateurs de la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS), qui a récemment suspendu ses activités en raison de l’intensification des violences sur le terrain.

Conclu à la fin du mois de juin, et appuyé par les Nations Unies, le communiqué du Groupe d’action sur la Syrie appelle à l’établissement d’une autorité de transition, dotée des pleins pouvoirs exécutifs, dans le cadre d’une transition politique menée par les Syriens eux-mêmes. Le Communiqué engage également toutes les parties en faveur d’une cessation des violences armées, à pleinement coopérer avec les observateurs de la MISNUS et à appliquer le plan de paix en six points.

Le mandant, d’une durée de trois mois, de la MISNUS, expire le 20 juillet. Le Conseil de sécurité doit se réunir d’ici là pour se prononcer sur son éventuelle prorogation.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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14/12/2017
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