Somalie: un après, beaucoup reste à faire pour la résilience à la sécheresse

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Un programme de la FAO en argent liquide permet aux communautés vulnérables d'acheter immédiatement des denrées alimentaires

Il y a un an, les Nations Unies annonçaient la famine en Somalie méridionale. Six mois de crise allaient provoquer la mort de milliers d’êtres humains et nécessiter un vaste programme d’aide humanitaire. Puis, le 3 février 2012, la fin de la crise était officiellement déclarée.

Aujourd’hui, la Somalie est en voie de rétablissement mais sa situation reste critique et la poursuite de l’aide est vitale pour préserver la sécurité alimentaire.

Grâce à la mise en œuvre de projets de réhabilitation, des communautés tout  entière ont pu voir leur situation s’améliorer. Mais le danger persiste encore estime l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

En effet, selon les prévisions de la cellule de la FAO charté de l’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition en Somalie, la situation reste alarmante: les précipitations réduites cette année risquent de se traduire par des récoltes qualifiées d’inférieures à la moyenne à faibles dans plusieurs parties du sud, notamment à Bay, principale région productrice de sorgho. Normalement, cette région représente près des deux-tiers de la production totale de sorgho du pays.

Cela entrainerait une détérioration de la sécurité alimentaire, couramment qualifiée de très critique dans la plupart des zones méridionales et ce, malgré les efforts humanitaires considérables déployés par la FAO et d’autres acteurs nationaux et internationaux. Quelque 3,4 millions de Somaliens continuent de recevoir de l’aide sous forme d’espèces ou en denrées alimentaires.

La probabilité de maigres récoltes n’est également pas exclue dans la zone agropastorale centrale suite à des pluies irrégulières et inférieures à la normale, conjuguées à des infestations de ravageurs avec leurs implications évidentes sur l’accès des ménages aux denrées alimentaires.

La FAO a recours à une stratégie d’aide en Somalie méridionale qui consiste surtout à aider les agriculteurs et les éleveurs à se doter d’une résilience à long terme face aux sécheresses à répétition et autres calamités qui frappent cette région.

L’aide procurée par la FAO à plus d’un million de personnes a consisté notamment en argent liquide qui a permis aux communautés vulnérables d’acheter immédiatement des denrées alimentaires. Avec l’aide en intrants agricoles et les services de santé, cela a permis aux populations de demeurer dans leurs villages d’origine. En outre, des engrais et des semences améliorées ont été distribués alors que 14 millions de têtes de bétail furent vaccinées. Ainsi, les agriculteurs des régions de Bay et de Shabelle ont doublé leur production de maïs et de sorgho l’an dernier.

Outre le fait de fournir aux gens un peu d’argent de poche, les projets basés sur l’aide en espèces bénéficient aussi à long terme aux communautés grâce à de meilleures infrastructures. A titre d’exemple, un total de 1 626 kilomètres de canaux a été réhabilité, ce qui a permis à 82 231 agriculteurs de bénéficier de l’irrigation au lieu d’être tributaires de l’agriculture pluviale.

Par ailleurs, la FAO a fait état d’un besoin de plus en plus pressant, au plan social, de mise en place des programmes  de sécurité pour protéger les plus vulnérables lorsque et si la sécheresse frappe de nouveau. Car la FAO d’ajouter: “La poursuite de l’aide humanitaire est d’une importance primordiale.”

(Interview Cristina Amaral, Chef du Service d’opération d’urgence pour l’Afrique et l’Amérique latine à la FAO; propos recueillis par Florence Westergard)

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16/10/2017
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