Sahel : le Haut Commissaire aux réfugiés plaide pour un soutien renforcé aux réfugiés maliens

Écouter /

Une jeune réfugiée malienne buvant une eau insalubre d'un puits proche du site de Ferrerio, au nord du Burkina Faso. Face aux besoins des réfugiés maliens, le CERF débourse 7,5 millions de dollars (Photo : UNHCR/H. Caux).

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, a entamé mardi une visite de trois jours au Burkina Faso pour évaluer en personne la situation humanitaire de plus en plus critique de 100.000 réfugiés maliens et son impact sur les pays voisins. Il est accompagné dans son déplacement de la Secrétaire d’Etat américaine adjointe à la population, aux réfugiés et aux migrations, Anne C. Richard.

Depuis le début du conflit en janvier, plus de 250.000 Maliens se sont réfugiés au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger –, tandis que 167.000 autres seraient déplacés à l’intérieur même du pays. Outre cette crise régionale, plus de 10 millions de personnes auraient actuellement besoin d’une aide d’urgence en raison de précipitations insuffisantes, de maigres récoltes, l’inflation des denrées alimentaires et de la multiplication des conflits.

Demain, António Guterres et Anne Richard se rendront dans le camp de réfugiés de Damba, situé dans le nord du Burkina Faso. Le camp accueille principalement des Touaregs (80%), ainsi que des Arabes (15%), des Peuls, des Bambaras et des Songhaïs qui ont fui la zone de Gossi, dans la région de Tombouctou.

C’est la deuxième visite d’António Guterres dans la région du Sahel. Son objectif est de mobiliser la communauté internationale autour de cette crise négligée. Début mai, le Haut Commissaire s’était rendu au Niger où il avait appelé les pays donateurs à débloquer des fonds pour venir en aide aux réfugiés maliens dans la région. Il avait également exhorté la communauté internationale à trouver des solutions politiques à la situation au Mali, avant qu’elle ne constitue une menace sur la sécurité mondiale.

En raison d’un manque de contributions financières, le HCR rencontre des difficultés pour couvrir les besoins des réfugiés. Malgré un récent don des États-Unis de 10 millions de dollars, l’agence pour les réfugiés n’a reçu jusqu’à présent qu’un tiers des fonds nécessaires pour aider les Maliens déracinés. Sur l’appel de fonds d’un montant de 153 millions de dollars, le HCR n’a jusqu’ici reçu que 49,9 millions de dollars, soit 32,4%. À ce jour, le Gouvernement américain a contribué à hauteur de 27 millions de dollars pour aider les réfugiés maliens.

Dans l’environnement hostile du Sahel, l’accès à l’eau potable, à des latrines et aux services de santé est crucial pour le traitement et la prévention de maladies courantes (diarrhée, infections respiratoires) ou d’épidémies de choléra. D’autres services tels que la scolarisation dans les camps sont également sévèrement limités en raison du manque de fonds disponibles.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
17/10/2017
Loading the player ...