RDC : le PAM redouble d'efforts pour venir en aide aux déplacés du Nord-Kivu

Écouter /

La population du Nord-Kivu reçoit des sacs de vivres fournis par USAID et le PAM (Photo PAM Djiaounsede Pardon)

La crainte d'une reprise des combats entre mutins du M23 et Forces armées congolaises (FARDC) inquiètent les humanitaires. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), les conséquences de cette insécurité en République démocratique du Congo sont très « graves ». « Ce sont des milliers de personnes piégées par l'insécurité. Une insécurité qui les prive de l'assistance humanitaire nécessaire », avertit la porte-parole du PAM. Ces populations vulnérables se déplacent constamment et plusieurs fois pour rester en vie.

Selon Elisabeth Byrs, outre la sécurité des déplacés, la priorité des humanitaires est de leur apporter de la nourriture, de l'eau, des médicaments.

En raison de cette insécurité persistante, plusieurs organisations ont dû suspendre leurs activités ou réorganisé leurs interventions, notamment dans le Rutshuru. « Les humanitaires ne veulent pas se trouver au centre des feux croisés de tirs entre belligérants et d'être pris pour cibles. C'est pourquoi que le 9 juillet dernier, le PAM a suspendu temporairement ces opérations dans les zones touchées par les combats au Nord-Kivu », souligne la porte-parole du PAM. Dans ces conditions, le PAM estime que 55 000 personnes n'auront pas droit à leurs rations alimentaires. L'agence onusienne espère reprendre ses activités au plus vite afin de venir à ces populations vulnérables dès le début de la semaine prochaine.

Le PAM entend venir en aide à 180 000 déplacés au Nord-Kivu. Des distributions se feront dans 31 camps de déplacés gérés par le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés dans les environ de Massissi et Rutshuru.

Selon Elisabeth Byrs, les travailleurs humanitaires sont non seulement gênés par l'insécurité, mais aussi par la logistique en raison de la mauvaise qualité des routes, notamment sur l'axe routier Goma-Rutshuru et Rutshuru-Bunangana.

Pour ces opérations au Nord-Kivu, le PAM a stocké des vivres pour couvrir les besoins de 300 000 personnes pendant quinze jours. L'autre défi pour le PAM est de venir en aide aux milliers de Congolais qui se sont réfugiés au Rwanda et en Ouganda.

(Interview : Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM à Genève, propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
23/10/2017
Loading the player ...