RDC : inquiétudes croissantes pour les civils confrontés à la violence à Rutshuru

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Des déplacés congolais faisant la queue pour recevoir de l'aide sur le site de Mugunga à côté de Goma, Nord-Kivu (Photo : HCR/S. Modola).

La poursuite des affrontements dans le Nord-Kivu entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les groupes rebelles du M23 préoccupe vivement les humanitaires. Une dégradation de la situation sécuritaire qui a enregistré la semaine dernière un chapitre inquiétant avec la prise de contrôle de plusieurs localités dans le Territoire de Rutshuru par le mouvement armé « M-23 ». Des centaines de milliers de personnes déplacées sont ainsi piégées par l'insécurité qui les prive également d'une assistance nécessaire pour survivre.

Au Nord-Kivu, la  population déplacée interne estimée à près de 600 000 personnes. La situation sécuritaire n'a pas permis aux organismes humanitaires onusiens d'établir avec précision le nombre de personnes déplacées, les zones de leur fuite, mais aussi les besoins immédiats des déplacés. Plus de 220 000 personnes, dont 100 000 dans le Rutshuru, avaient déjà été déplacées entre avril et fin juin.  

En raison de cette insécurité persistante, plusieurs organisations ont dû suspendre leurs activités ou réorganisé leurs interventions, notamment dans le Rutshuru. Cependant aucune organisation n'a quitté le Nord-Kivu. Cette limitation d'accès prive des milliers de personnes vulnérables de l'assistance dont elles ont énormément besoin. Selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), l'accès  humanitaire est primordial et les organisations en appellent à toutes les forces combattantes d'assurer que les acteurs humanitaires bénéficient d'un accès total et sans entrave aux populations.

Outre l'accès, la protection des civils est préoccupante dans les zones affectées. Le Cluster Protection est concerné par des informations faisant état des recrutements de mineurs dans les différentes localités du Territoire de Rutshuru, ainsi que par des cas de violence communautaire enregistrés dans la ville de Goma.

(Interview : Simplice Kpandji, porte-parole du HCR pour l'Est de la RDC ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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