Ian Martin : au lendemain des élections, la Libye doit entamer la prochaine phase de sa transition

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Ian Martin, Représentant spécial de Ban Ki-moon en Libye

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye, Ian Martin, a affirmé mercredi, devant le Conseil de sécurité, qu’« en cette période de transition pacifique et démocratique », le pays était « bien placé par rapport à d’autres situations post-conflit ».

« Lorsque je me suis rendu pour la première fois à Benghazi pour y rencontrer le Conseil national de transition et discuter d’une assistance possible de l’ONU en Libye une fois les combats terminés, je n’imaginais pas qu’elle ferait tant d’avancées», a-t-il témoigné.

Ian Martin, qui a indiqué s’exprimer probablement pour la dernière fois en sa qualité de Représentant spécial devant le Conseil de sécurité, est largement revenu sur les élections du 7 juillet, lesquelles se sont déroulées, a-t-il dit, dans un esprit « qui a profondément impressionné tous les observateurs ».

Les Libyens, a-t-il expliqué, se sont présentés en masse aux urnes, affichant « l’émotion et la fierté d’un peuple qui n’a pu jouir de la liberté démocratique pendant si longtemps ». « Là où la violence menaçait le scrutin, c’est la détermination et le courage des électeurs eux-mêmes qui ont permis que celle-ci n’éclate pas », a-t-il dit.

La période a été marquée par quelques incidents violents, en particulier dans l’est du pays, a-t-il souligné, précisant que la Haute Commission électorale nationale avait su faire face à ces défis. Les attaques contre les bureaux de vote, notamment à Benghazi, n’ont pas permis de faire dérailler le processus, a-t-il ajouté.

« Il s’agit du premier transfert pacifique et démocratique du pouvoir en Libye », a observé Ian Martin. « Ses nouveaux dirigeants politiques doivent désormais parvenir à un accord sur la formation d’un gouvernement et le processus d’élaboration d’une nouvelle constitution », a-t-il ajouté.

Le Représentant spécial a ensuite commenté les défis auxquels la Libye est confrontée en matière de justice, de sécurité et de défense, et, à cet égard, souligné le rôle de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL). « La capacité à rendre justice est essentielle à la réconciliation », a-t-il notamment dit, précisant qu’il ne s’agissait pas seulement là d’une question théorique ou de principe, mais d’une « façon pratique de résoudre les conflits locaux ». Il a ajouté que la MANUL appuyait ainsi la Commission d’établissement des faits et de réconciliation.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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