FAO/OCDE : Produire plus et mieux pour renforcer la sécurité alimentaire

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Angel Gurría (à gauche), Secrétaire général de l'OCDE, et : José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, lors du lancement des Perspectives agricoles, à Rome (Photo : FAO)

A Rome, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont lancé mercredi la plus récente édition de leurs « Perspectives agricoles 2012-2021 », qui fait le bilan de la situation alimentaire mondiale et met en lumière les défis à surmonter au cours des prochaines années pour réduire l'insécurité alimentaire dans le monde.

Le rapport souligne que la croissance démographique, l'élévation des revenus par habitant, l'exode rural et l'évolution des habitudes alimentaires dans les pays en développement, mais aussi les mesures en faveur des biocarburants, viennent accentuer les pressions pesant sur la demande. Parallèlement, dans les pays développés exportateurs, la production agricole a été longue à réagir à l'augmentation des prix au cours de la décennie écoulée. Les productions nécessaires pour faire face à la progression de la demande auront un coût de plus en plus élevé. Les surfaces agricoles ne devant s'accroître que légèrement au cours de la prochaine décennie, le rapport indique que la hausse de la production passera par des gains de productivité, et notamment par la réduction du retard des pays en développement dans ce domaine.

Les « Perspectives agricoles » prévoient que la croissance de la production agricole va se limiter à 1,7 % par an en moyenne sur les dix années à venir, contre 2 % par an ces dernières décennies. La hausse du coût des intrants, des contraintes de ressources de plus en plus grandes, l'aggravation des pressions exercées sur l'environnement et les incidences du changement climatique vont se conjuguer pour atténuer la réaction de l'offre. La progression prévue sera imputable en majeure partie aux pays en développement, qui pèseront de plus en plus lourd dans la production de la plupart des produits agricoles de base et joueront aussi un rôle croissant dans leurs échanges.

« Une productivité accrue, une croissance verte et des marchés plus ouverts seront essentiels si nous voulons répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels des générations futures », a déclaré Angel Gurría, Secrétaire général de l'OCDE. « Les pouvoirs publics doivent renoncer aux pratiques commerciales qui distordent les marchés et créer un environnement favorable pour une agriculture prospère et durable fondée sur une productivité améliorée ».

« Pour les consommateurs, en particulier pour les millions de gens vivant dans l'extrême pauvreté, les prix alimentaires élevés ont causé des difficultés considérables. Nous devons redoubler nos efforts pour diminuer le nombre de personnes souffrant de la faim. Nous devons mettre l'accent sur l'augmentation durable d'une croissance de la productivité, notamment dans les pays en développement et plus particulièrement chez les petits exploitants agricoles», a indiqué José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO. «La hausse des prix réels pour les produits agricoles de base offre des perspectives accrues pour les agriculteurs et le développement rural, en particulier lorsque les marchés sont ouverts et que les mécanismes de prix fonctionnent bien et que les fermiers ont la capacité de répondre à la demande ».

Le Directeur général de la FAO a en outre insisté sur la nécessité de réagir au problème de la perte et du gaspillage des aliments. José Graziano da Silva a ainsi rappelé que le tiers de la nourriture produite à l'échelle mondiale est jetée, soit au fil de la chaîne de production des aliments, soit chez le consommateur.

(Extrait sonore : José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO)

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12/12/2017
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