Darfour : la paix durable est possible, mais de nombreux défis demeurent, selon l'ONU et l'UA

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Le Représentant spécial conjoint et Médiateur en chef par intérim au Darfour, Ibrahim Gambari, a indiqué mardi devant le Conseil de sécurité qu’une paix durable est possible pour la population au Darfour, mais que les défis restent nombreux dans cette région du Soudan.

« De nombreux défis restent à surmonter. Les progrès obtenus sont fragiles et facilement réversibles si nous perdons de vue nos objectifs. La population du Darfour a trop longtemps souffert pour que nous acceptions de revenir en arrière », a expliqué M. Gambari.

« Nous devons rester déterminés, concentrés et engagés sur le chemin de la paix et de la réconciliation au Darfour », a-t-il ajouté devant les membres du Conseil.

Le Représentant spécial a précisé que le Plan de paix de Doha pour le Darfour, signé en 2011 par le gouvernement du Soudan et le Mouvement de libération et de justice (LJM), avait permis des progrès considérables et que la mise en œuvre avançait.

Cependant, cette mise en œuvre est pour l’instant principalement centrée sur l’établissement d’institutions et les nominations politiques prévues par l’accord. « Dans ce contexte, les parties prenantes ont reconnu que de nombreuses dispositions du plan restent à mettre en œuvre plusieurs mois après les délais fixés », a souligné M. Gambari.

L’ONU a laissé entendre que ce plan pourrait servir de base à l’élaboration d’un accord de paix permanent pour mettre fin aux hostilités qui ont commencé il y a huit ans au Darfour.

M. Gambari a également indiqué que l’Autorité régionale au Darfour, établie en février dernier, a lancé la Mission conjointe d’évaluation pour le Darfour qui était prévue dans l’accord de Doha.

« La mission, dont l’un des aspects du mandat est d’identifier et d’évaluer les besoins pour le redressement économique, le développement et l’éradication de la pauvreté au Darfour, devrait s’achever d’ici à la fin de l’année et formera la base d’une mobilisation future des ressources. Il s’agit d’une étape positive qui mérite d’être saluée », a déclaré l’Envoyé.

En sa qualité de Médiateur en chef conjoint Union africaine-ONU pour le Darfour, M. Gambari poursuit son travail avec le Vice-Premier Ministre du Qatar, Ahmed bin Abdullah Al Mahmoud, vers la reprise des négociations entre le gouvernement du Soudan et les mouvements armés non-signataires de l’accord.

Il a déclaré que plusieurs d’entre eux l’avaient approché en exprimant leur intérêt pour des pourparlers avec les autorités soudanaises qui s’appuieraient sur le document de Doha.

« Lors de mes récentes discussions avec le Premier Ministre adjoint Al Mahmoud, nous sommes tombés d’accord sur le fait que le climat était propice à une réouverture du processus de médiation au travers de consultations préliminaires avec tous les mouvements d’opposition intéressés », a ajouté M. Gambari.

« L’intention serait de consolider les gains réalisés au travers de la mise en œuvre du Document de Doha et en exerçant une pression sur les mouvements encore externes au processus à se joindre au processus », a déclaré le Représentant spécial, avant de dire qu’il était temps de compléter les tâches de maintien de la paix au Darfour par des initiatives de consolidation de la paix.

« Nous devons redoubler d’efforts pour rétablir les services de base et les rendre disponibles à un plus grand nombre de communautés et faciliter le relèvement rapide et la reconstruction. C’est la clef de la consolidation de nos gains dans la région et la manière la plus efficace de persuader les communautés ambivalentes d’adhérer au processus de paix. »

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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15/12/2017
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