Torture : renforcer le soutien aux victimes

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Une victime de la torture originaire du Congo Brazaville qui a trouvé refuge au centre de réhabilitation Vivre-Caprec, au Sénégal, dont les opérations sont en partie financées par le Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les victimes de la torture (Photo : HCDH)

La communauté internationale célèbre ce 26 juin la Journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture. Dans son message, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, déplore que vingt-cinq ans après l'entrée en vigueur de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants cette pratique cruelle et déshumanisante demeure largement répandue.

Le patron du Secrétariat de l'ONU rappelle que chaque jour, des femmes, des hommes et des enfants sont torturés ou maltraités dans l'intention de détruire leur sens de la dignité ou de leur valeur en tant qu'êtres humains. Dans trop de pays, les revendications légitimes de liberté et de respect des droits de l'homme sont violemment réprimées. Même lorsque les régimes changent, les tortures se poursuivent souvent et l'impunité reste la norme.

À l'occasion de la Journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture, Ban Ki-Moon exprime la solidarité de la communauté internationale et des Nations Unies avec les centaines de milliers de victimes de la torture et leurs familles à travers le monde, qui endurent tant de souffrances.

Le Secrétaire général prend également note de l'obligation qui est faite aux États non seulement de prévenir la torture mais aussi d'offrir aux victimes de la torture une réparation efficace et rapide, une indemnisation, et les moyens nécessaires à leur réadaptation sociale, psychologique, médicale ou autre. L'Assemblée générale et le Conseil des droits de l'homme engagent vivement les États à créer et financer des centres ou des services de réadaptation.

Notant que les sommes versées au Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les victimes de la torture ont considérablement diminué ces deux dernières années, Ban Ki-moon encourage vivement les États à inverser cette tendance, malgré l'insécurité financière mondiale actuelle.

Pour sa part, l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), créée en 1985, constitue aujourd'hui la principale coalition internationale d'organisations non gouvernementales (ONG) luttant contre la torture, les exécutions sommaires, les disparitions forcées et tout autre traitement cruel, inhumain ou dégradant. Avec 311 organisations affiliées dans le monde à son Réseau SOS-Torture et plusieurs dizaines de milliers de correspondants dans tous les pays, l'OMCT est le plus important réseau d'organisations non gouvernementales actives dans la protection et la promotion des droits de l'homme dans le monde.

Son Secrétariat international basé à Genève accorde une assistance individualisée médicale, juridique et/ou sociale à des centaines de victimes de la torture et diffuse chaque jour des appels urgents dans le monde entier, en vue de protéger les individus et de lutter contre l'impunité. Des programmes spécifiques permettent d'apporter un soutien à certaines catégories particulièrement vulnérables comme les femmes, les enfants et les défenseurs des droits de l'homme. Dans le cadre de ses activités, l'OMCT soumet également des communications individuelles et des rapports alternatifs aux mécanismes des Nations Unies et collabore activement à l'élaboration de normes internationales de protection des droits de l'homme.

(Interview : Gerald Staberock, Secrétaire général de l'Organisation mondiale contre la torture; propos recueillis par Jérôme Longué)

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20/10/2017
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