Syrie : Navi Pillay craint un « conflit total » et évoque des crimes contre l'humanité à Houla

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La Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a indiqué ce vendredi lors d’une session spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur la Syrie craindre un « conflit total » dans ce pays. Navi Pillay juge que le massacre de Houla « pourrait constituer un crime contre l’humanité ». Pour sa part, l’Ambassadeur de Syrie auprès de l’ONU à Genève, Faysal Khabbaz Hamoui, a accusé des groupes terroristes d’avoir tué les civils.
Ne se trouvant pas à Genève, le discours d’ouverture de Navi Pillay a été lu par sa représentante, Marcia Kran. Un discours qui ressemble comme une énième mise en garde avant que la dégénération de la situation en Syrie ne se transforme en conflit total et ne mette en danger l’avenir du pays et de la région.
La Chef des droits de l'homme de l'ONU a souligné que « ces actes peuvent constituer des crimes contre l’humanité et autres crimes internationaux, et peuvent être le signe d’un modèle d’attaques systématiques ou généralisées contre les populations civiles qui ont été perpétrées en toute impunité ». Elle a également redemandé au Conseil de sécurité de saisir la Cour pénale internationale (CPI).
Elle exhorte une nouvelle fois la communauté internationale à appuyer de tout son poids le plan en six points de Kofi Annan et à demande que soient menées immédiatement des enquêtes sur les événements de Houla, ainsi que sur d’autres violations des droits de l’homme en Syrie ». « Car sinon », a-t-elle prévenu, « la situation en Syrie risque de dégénérer en un conflit total et l’avenir de ce pays et de la région dans son ensemble pourraient être alors en grave danger ».
Outre, l’ONU plusieurs pays, dont la Chine et le Venezuela, ont indiqué craindre une « guerre civile » en Syrie.
L'Ambassadeur syrien, Faysal Khabbaz Hamoui, s’est contenté de répéter les conclusions de l’enquête menée par les autorités sur le massacre de Houla, accusant des « groupes terroristes », dont certains ne sont pas Syriens, de vouloir créer une zone de non droit près de la frontière libanaise. Il a jugé que la résolution proposée montre le désespoir dans lequel se trouvent « ceux qui l’ont écrite et a estimé que ceux qui la soutiennent encouragent la guerre civile ».
Lors de cette session spéciale sur la Syrie – la quatrième depuis mars 2011-, le Conseil des droits de l’homme débat d’une demande, formulée par le Qatar, les Etats-Unis et la Turquie, que la commission d’enquête internationale sur la Syrie, qui agit sous mandat du Conseil depuis août 2011, mène une « enquête spéciale exhaustive, indépendante et sans entrave » sur le massacre de Houla.  Le texte prie les experts de la commission, qui n’ont toujours pas reçu de feu vert de Damas pour se rendre sur le terrain, d’établir un rapport sur les conclusions de l’enquête et de le transmettre au Conseil des droits de l’homme lors de sa 20e session (18 juin au 6 juillet). Le projet de résolution demande à Kofi Annan d’informer le Conseil des droits de l’homme sur la situation lors de la prochaine session de la 21e session du Conseil prévue du 10 au 28 septembre prochain.
(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève)

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16/10/2017
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