Syrie: l'usage de la force se poursuit et les mesures prises sont insuffisantes, déplore l'ONU

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Les Rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur la torture, Juan Méndez, et sur les exécutions sommaires, Christof Heyns (Photo ONU)

Les Rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur les exécutions sommaires, Christof Heyns, et sur la torture, Juan Méndez, ont déploré vendredi l'escalade de la violence en Syrie et a appelé toutes les parties à renoncer à la violence et à déposer les armes.

« Alors que le Gouvernement syrien a pris certaines mesures, telles que parvenir à un accord concernant les modalités de fournir une aide humanitaire – la réalité est que l'usage de la force se poursuit avec une intensité inquiétante, » soulignent les experts. Selon eux, « les mesures prises sont insuffisantes. »

« L'utilisation de la violence par toutes les parties a infligé un lourd tribut en vies humaines, en particulier parmi les civils, et blessé de nombreuses personnes privées d'assistance médicale », ont déclaré les experts, rappelant que le Plan en six points de l'Envoyé spécial conjoint n'a pas été mis en œuvre.

« Il est tout aussi alarmant que, selon les rapports, deux massacres de civils, y compris des enfants, aient été commis à Mazraat al-Qubeir et à al-Haffa quelques jours seulement après la quatrième session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme sur la Syrie et les meurtres à El-Houleh », ont-ils dit.

Les experts ont noté avec une vive préoccupation le rapport du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés se référant à des violations commises par les forces gouvernementales et les groupes pro-gouvernementaux paramilitaires, y compris l'utilisation d'enfants comme boucliers humains et le meurtre et la mutilation d'enfants, la majorité d'entre eux ayant été victimes d'opérations militaires.

Christof Heyns et Juan Méndez ont également souligné que, selon la Commission d'enquête indépendante des Nations Unies, des groupes armés anti-gouvernementaux ont également commis des violations des droits, y compris la capture et le meurtre illégal de membres des forces gouvernementales. « Les coupables devront rendre des comptes », disaient-ils. « Nous réitérons notre appel au Conseil de sécurité de déférer la situation à la Cour pénale internationale. »

Afin de permettre une enquête approfondie et impartiale sur les violations présumées des droits de l'homme, les experts ont appelé à nouveau le gouvernement syrien à coopérer pleinement avec la Commission d'enquête indépendante, sur les observateurs de la mission de supervision de l'ONU en Syrie et des procédures spéciales, et leur accorder un accès rapide et sans entraves à toutes les parties du pays, et à tous les témoins, les victimes ou leurs familles.

Les deux experts ont exhorté tous les acteurs à exercer toute l'influence possible pour résoudre la crise politique et des droits de l'homme en Syrie. Ils restent prêts à fournir une assistance technique au Gouvernement syrien.

Sur le terrain, le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood, a déclaré vendredi qu'une flambée de violence fait dérailler la mission de surveillance, qui est pourtant la seule composante du plan de paix international à fonctionner. Selon le général norvégien, les deux parties au conflit sont responsables de l'escalade des violences et de l'effusion de sang constatées au cours des dix derniers jours.

Jeudi, les observateurs des Nations Unies avait finalement pu entrer dans al-Haffeh, où ils ont trouvé une ville désertée par ses habitants, de nombreux bâtiments incendiés et où flottait « une forte odeur de décomposition ». Les Nations Unies estiment à plus de 10.000 le nombre de personnes, principalement des civils, qui ont été tuées en Syrie et à des dizaines de milliers celui des déplacés depuis le début du soulèvement contre le régime du Président Bachar Al-Assad il y a environ 16 mois.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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17/10/2017
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