Syrie : des enfants utilisés comme boucliers humains

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La Syrie figure parmi les 52 auteurs de violations graves contre les enfants, dans le dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits, qui a été rendu publique mardi 12 juin.

Lors d’un incident dans le village d’Aïn Arous en mars 2012 en Syrie, un témoin affirme que des enfants âgés de 8 à 13 ans auraient été enlevés de force de leur foyer puis utilisés comme boucliers humains devant les vitres des cars transportant le personnel militaire qui allait attaquer le village.

« En Syrie, des enfants ont été tués, victimes de mutilations, d’arrestations arbitraires, de détention, de torture et de mauvais traitements, notamment de violences sexuelles. Des écoles y sont régulièrement prises d’assaut et utilisées comme bases militaires et centres de détention par les forces armées syriennes, les services secrets et les milices progouvernementales « chabiba », dénonce dans le document.

« La plupart des enfants torturés ont dit avoir été battus, avoir eu les yeux bandés, avoir été placés dans des positions inconfortables, fouettés à l’aide de gros câbles électriques, avoir subi des brûlures de cigarettes dont ils portaient les cicatrices et, dans un cas, reçu des décharges électriques sur les parties génitales », indique encore le rapport.

Le rapport signale par ailleurs, quelques progrès. Deux parties aux conflits au Népal et au Sri Lanka ont été radiées de la liste de la honte pour avoir respecté les engagements qu’elles avaient pris dans le cadre du plan d’action imposé par le Conseil de sécurité pour mettre fin au recrutement d’enfants.

En outre, au cours de l’année écoulée, cinq autres parties – en Afghanistan, en République centrafricaine, au Tchad et au Soudan du Sud – ont conclu des accords similaires avec les Nations Unies. Et des enfants ont été libérés en Afghanistan, en République centrafricaine, au Tchad, en Colombie, en République démocratique du Congo (RDC), au Myanmar, au Soudan et au Soudan du Sud.

« Les progrès sont constants, mais la liste des parties au conflit qui portent atteinte aux droits des filles et aux garçons sera toujours trop longue », a ajouté la Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour les enfants dans les conflits armés, Radhika Coomaraswamy.

Face aux auteurs de violations répétées, la Représentante spéciale a recommandé un renforcement des régimes de sanctions, une action vigoureuse du Conseil de sécurité et une coopération plus étroite avec les juridictions nationales et internationales. Aussi prône-t-elle une collaboration avec les militaires sur ces questions.

(Interview : Laurent Dutordoir, expert en affaires politiques au Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants dans les conflits armés ; propos recueillis par Cristina Silveiro.)

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20/10/2017
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