Soudan : fin cette semaine du rapatriement de milliers de Sud-Soudanais

Écouter /

Des Sud-Soudanais à leur arrivée à Juba, grâce aux vols de rapatriement de l'OIM.

L’opération de rapatriement par voie aérienne de quelque 12.000 Sud-Soudanais sommés de quitter le Soudan devrait prendre fin cette semaine. Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), les derniers vols sont prévus ce mercredi. Selon un décompte lundi matin, l’OIM a déjà transporté 11.020 personnes au Soudan du Sud, à bord de 73 vols. Au total, l’opération aura coûté 5,5 millions de dollars.
L’OIM a entamé le 14 mai l’évacuation à partir de l’aéroport international de Khartoum de milliers de Sud-Soudanais bloqués depuis des mois dans des campements de fortune à Kosti, à 300 km au sud de la capitale soudanaise.
Estimant que ces migrants constituaient une menace pour la sécurité, les autorités locales leur avaient donné jusqu’au 5 mai pour quitter les lieux. L’ultimatum a été repoussé au 20 mai puis supprimé après l’annonce des plans d’évacuation de l’OIM.
Deux avions devaient quitter Khartoum pour Juba lundi, suivis par un autre vol mardi puis par le dernier mercredi. Selon l'OIM, l’opération s’était bien déroulée surtout en cette saison de tempêtes de sable.
Environ 900 personnes sont encore enregistrées à Kosti pour un départ dans le cadre de l’opération de l’OIM, mais tous ne prendront pas l’avion: un nombre indéterminé de ces migrants a réussi à gagner le Soudan du Sud par la route, souvent pour pouvoir emporter plus de possessions avec eux.
Les passagers font partie de quelque 12 000 Soudanais du Sud précédemment bloqués à Kosti, à 300 km au sud de Khartoum. Avant l'intervention de l'OIM début mai, consistant à les transporter en bus vers Khartoum et par avion vers Juba, bon nombre avait passé plusieurs mois dans des camps de fortune à l'intérieur de la ville, dans l'attente d'un moyen de transport vers le Soudan du Sud. La majorité des rapatriés précédemment bloqués à Kosti ont indiqué que Juba était leur destination finale. Cependant, bon nombre n'a ni famille, ni soutien communautaire à Juba et a de fortes chances de rester au centre jusqu'à ce que le gouvernement leur attribue une parcelle de terrain.
Une fois arrives à Juba, les rapatriés sont logés dans un nouveau centre de transit, à 13 km de Juba, établi par l'OIM et ses partenaires humanitaires. Le site, qui accueille 500 nouveaux arrivants chaque jour, a la capacité de fournir un abri, un accès à l'eau et aux installations sanitaires ainsi que des soins médicaux et des zones pour cuisiner, à quelque 7 500 personnes.
Les rapatriés sont confrontés à d'importants problèmes, notamment en ce qui concerne l'accès au terrain dans les centres urbains et l'absence d'opportunités économiques. Pourtant, malgré ces problèmes liés au retour durable et à la réintégration rapide, les rapatriés de Kosti restent généralement optimistes quant à leur avenir.
(Extrait sonore : Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'OIM ; propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
08/12/2017
Loading the player ...