RDC : l'UNESCO appelle à la protection des sites du patrimoine mondial situés à l'est du pays

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La Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, s’est dite très préoccupée vendredi par les récents combats dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), qui ont touché plusieurs sites du patrimoine mondial.

« Je suis profondément choquée par les récents événements qui se sont déroulés dans la Réserve de faune à okapis et le Parc national des Virunga. Mes pensées vont en particulier aux familles des gardes tués dans l’exercice de leurs fonctions, alors qu’ils tentaient de protéger ces lieux précieux au nom de l’humanité tout entière », a déclaré Irina Bokova dans un communiqué de presse.

Le dimanche 24 juin, un groupe armé a attaqué le quartier général de la Réserve de faune à okapis, tuant au moins sept employés du parc. D’autres employés ont été pris en otage par les rebelles et sont toujours portés disparus. Toutes les infrastructures du parc ont été mises à sac et 14 okapis, une espèce rare d’antilope des forêts, qui vivaient à la station d’élevage d’Epulu, ont été massacrés.

L’attaque contre la Réserve de faune à okapis fait suite à d’autres combats qui ont éclaté dans les environs et à l’intérieur même du Parc national des Virunga, où vivent encore 200 des 786 gorilles des montagnes restants dans le monde, et qui ont fait un mort parmi les gardes le 11 mai dernier. Les forces rebelles occupent la partie du parc où vivent les primates. Or, en raison des combats, le personnel de la réserve a dû évacuer la zone, laissant les familles de gorilles sans aucune protection.

« L’année dernière, j’ai signé avec le Premier Ministre à Kinshasa une déclaration par laquelle le gouvernement s’engageait à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre en place les conditions d’une réhabilitation des sites », a rappelé la Directrice exécutive. « Les événements actuels constituent un sérieux revers et j’exhorte le gouvernement à mettre tout en œuvre pour instaurer les conditions de sécurité qui permettront au personnel du parc de remplir sa mission », a-t-elle ajouté.

Le Comité du patrimoine mondial, qui tient actuellement sa 36ème session à Saint-Pétersbourg en Russie, a débattu de la situation sur les deux sites et observé une minute de silence à la mémoire des gardes tués.

Le Parc national des Virunga est un lieu exceptionnel abritant une chaîne de sept volcans encore en activité, des habitats d’une très grande variété et une biodiversité unique au monde qui compte des espèces endémiques, rares et menacées, dont celle du gorille des montagnes.

Inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979, il se situe en plein cœur du rift d’Albertine, dans la vallée du Grand Rift, et fut le premier parc national jamais créé en Afrique. La très grande variété d’espèces de plantes et d’habitats qu’on trouve sur son territoire constitue la plus vaste diversité biologique de tous les parcs nationaux d’Afrique. Le site est par ailleurs menacé par des activités d’exploration pétrolière, à la suite d’une décision adoptée par le gouvernement en septembre dernier et qui autorise ce type d’activités à l’intérieur du parc.

La Réserve de faune à okapis occupe environ un cinquième de la forêt de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Elle abrite des espèces menacées de primates et d’oiseaux et environ 5.000 spécimens de la population estimée des 30.000 okapis vivant encore à l’état sauvage. Site aux paysages spectaculaires, notamment ceux des cascades de l’Ituri et de l’Epulu, son inscription sur la Liste du patrimoine mondial remonte à 1996. La Réserve est habitée par des populations nomades traditionnelles de pygmées Mbuti et de chasseurs Efe. Elle a souffert du braconnage et d’activités minières artisanales.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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18/10/2017
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