Pillay : En dépit de défis aux droits de l'homme, le Malawi est sur la bonne voie

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En dépit des défis considérables auxquels fait face le Malawi depuis quelques années, de nombreux signaux encourageants augurent d’un avenir meilleur pour ce pays d’Afrique australe, a déclaré jeudi la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

Navi Pillay s’est dite encouragée par le ferme engagement pris par la nouvelle Présidente Joyce Banda, élue en avril dernier, pour contribuer au bien-être de son peuple : « Alors qu’ils sortent d’une période de répression politique, les Malawiens ont besoin d’entendre de leur leadership que les libertés fondamentales d’expression, d’association et de rassemblement seront pleinement respectées et de voir des actions concrètes entreprises pour attester de cet engagement »

La Haut Commissaire s’est donc félicitée des progrès significatifs accomplis par le pays, comme l’illustrent l’abrogation de certaines lois liberticides. Il en va ainsi de la section 46 du code pénal malawien, qui confiait à un cabinet ministériel les pleins pouvoirs pour faire taire la presse jugée « contraire à l’intérêt public ». L’abrogation de la « loi d’injonction », qui garantissait l’impunité totale des responsables gouvernementaux en cas de poursuites judiciaires, est un autre motif de satisfaction, s’est félicitée Navi Pillay.

Selon elle toutefois, il reste beaucoup à faire, à commencer par établir les responsabilités dans les meurtres, commis en juillet 2011, de 20 manifestants par des forces de sécurité ayant fait un usage excessif de la force.

« Le gouvernement doit en outre répondre aux préoccupations nombreuses de la population, qui revendique un respect des droits de l’homme, notamment des droits à la santé, à l’alimentation, à l’éducation, et la fin de la gabegie et de la corruption », a préconisé la Haute Commissaire, avant de se féliciter de l’établissement d’une Commission nationale des droits de l’homme « forte et indépendante ».

Dans ce contexte, elle a également salué l’annonce, faite par la Présidente Banda, de l’ouverture d’un dialogue avec la société civile sur ces toutes questions.

Navi Pillay a également recommandé de combler les lacunes observées au sein de l’appareil judiciaire et les problèmes posés par la police malawi, accusée de mauvais traitements et de violences ayant parfois provoqué la mort de suspects. De même, la surpopulation carcérale devrait figurer en tête des priorités, a-t-elle estimé, prenant note des efforts déployés par le Ministère de l’Intérieur pour explorer les alternatives à la détention et à l’emprisonnement.

De nombreux défis demeurent dans la réalisation des droits humains au Malawi, mais la Haut Commissaire a constaté en personne la volonté politique dont ce pays fait preuve au plus haut niveau pour les relever. « Une telle volonté politique, alliée à une société civile vibrante, à une commission nationale des droits de l’homme et à une presse libre sont des indicateurs que le Malawi a les moyens de ses ambitions. Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme se tient prêt à soutenir et accompagner le Malawi dans la bonne direction », a assuré Navi Pillay.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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23/10/2017
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