Myanmar: le PAM poursuit ses opérations dans l'Etat de Rakhine touché par des violences confessionnelles

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Opérations de distribution de vivres au Myanmar. Avant ces violences à Rakhine, le PAM venait en aide à 200 000 personnes.

Depuis le début du mois de juin, l'Etat de Rakhine connaît une explosion de violence. Des musulmans et des bouddhistes s'affrontent dans cette région frontalière du Bangladesh. Et ces violences dans l’Ouest du Myanmar inquiètent les humanitaires qui redoutent d'importants mouvements de populations. A cet égard, le Programme alimentaire mondial décrit « une situation très préoccupante».

Une mission d'évaluation du PAM sera d'ailleurs envoyée ce samedi pour déterminer les besoins justes en nourriture et apporter la réponse adéquate.

En attendant, le PAM a entamé depuis mardi dernier des opérations de distribution de vivres dans l'Ouest du Myanmar. Selon la porte-parole du PAM à Genève, près de 10 000 personnes ont reçu de la nourriture à Sittwe.

Avant le début de ces violences intercommunautaires, le PAM venait déjà en aide à 200 000 personnes par mois dans cette région. « Dans l'état de Rakhine, le PAM s'investit dans des cantines scolaires, des programmes de travail contre nourriture, mais apporte aussi un soutien nutritionnel à des personnes touchées soit par la tuberculose ou le vih/sida », fait remarquer Elisabeth Byrs.

Par ailleurs, le PAM a déjà prépositionné près de deux milles tonnes de vivres pour ces opérations dans l'Ouest du Myanmar. « Les entrepôts du PAM sont pleins et nous sommes prêts, donc il faut juste affiner la réponse pour accélérer les opérations sur le terrain », souligne la porte-parole du PAM.

Sur le terrain, ces violences confessionnelles et l'insécurité ralentissent un peu les opérations des humanitaires.  Les Nations unies ont d'ailleurs évacué, le lundi 11 juin à Maungdaw, leur personnel international de certaines zones touchées par les violences religieuses, sur la base du volontariat. Une opération d'évacuation qui concerne une quarantaine d’employés onusiens et leur famille, soit « la majeure partie du personnel international ».

En outre, le PAM évoque des défis touchant aux problèmes de communication et de problèmes d'accès à certaines touchées par les violences, en raison notamment de l'enclavement des zones touchées par ces tensions religieuses. « Avec cette situation volatile, la première des préoccupations, c'est la sécurité du personnel du PAM sur place et aussi de répondre aux besoins des populations vulnérables », conclut Elisabeth Byrs.

(Extrait sonore : Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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17/10/2017
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