Mali : le HCR prévient de la gravité de la situation humanitaire des réfugiés et déplacés

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Des déplacés maliens (Photo : OIM)

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a averti jeudi des risques de catastrophe humanitaire au Mali, où des dizaines de milliers de personnes ont fui leur domicile depuis le début des affrontements dans le nord du pays, en janvier, entre un mouvement rebelle touareg et les forces gouvernementales maliennes.

Certaines de ces populations ont trouvé refuge dans les pays voisins, en Algérie, au Burkina Faso, en Mauritanie, en Guinée, au Togo et au Niger. D’autres sont désormais déplacés à l’intérieur du Mali.

« Les réfugiés et les déplacés sont majoritairement des Touaregs, mais d’autres groupes ethniques sont également touchés par cette situation, comme les Peuls, les Bambaras, les Djermas et les Haussas. Éleveurs pour la plupart, les réfugiés ont amené leurs troupeaux avec eux », a indiqué le HCR dans un communiqué de presse.

Les réfugiés vivent dans des conditions difficiles dans les pays hôtes, qui ne disposent eux-mêmes que de ressources limitées. Les populations locales sont confrontées depuis plusieurs mois à une grave sécheresse et à une crise alimentaire. Le rôle du HCR et d’autres agences humanitaires est essentiel pour alléger la charge qui pèse sur les communautés hôtes.

Le HCR a déployé de toute urgence des équipes au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger et mené des évaluations rapides de la situation des populations déplacées. Les réfugiés sont enregistrés et transférés vers des sites plus éloignés des zones frontalières dangereuses.

Au Mali, la situation demeure instable avec une progression des rebelles armés dans le nord, suite à un coup d’État militaire dans la capitale, Bamako, à la fin du mois de mars. Plus de 90.000 personnes ont été déplacées depuis le début du mois d’avril. L’insécurité générale a limité l’accès des agences humanitaires aux populations touchées dans le nord du pays.

En février, le HCR a lancé un appel de fonds d’un montant de 35,6 millions de dollars afin de fournir immédiatement une protection et une assistance aux réfugiés maliens, en coordination avec ses partenaires et les autres agences onusiennes.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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