Journée mondiale de lutte contre la désertification : des sols sains pour soutenir la vie

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Yacouba Sawadogo

La Journée mondiale de lutte contre la désertification, qui a lieu ce 17 juin, tombe cette année à la veille de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable. Le thème retenu pour l'édition 2012 est « Les sols sains sont le soutien de la vie : optons pour une croissance zéro de la dégradation des terres ».

« L'action mondiale menée pour arrêter et inverser la dégradation des sols est cruciale pour construire l'avenir que nous voulons » affirme Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l'ONU, pour l'occasion. L'utilisation durable des terres, rappelle-t-il, est une source de sécurité alimentaire et nutritionnelle et est garante de l'alimentation en eau. « C'est une pierre angulaire du développement durable » qui est indispensable pour arracher des milliards de personnes à la pauvreté.

Les habitants des zones arides, qui couvrent plus de 40 % de la surface terrestre de la planète, sont parmi les plus pauvres et les plus exposés à la faim. Si les sols dont dépend leur subsistance ne sont pas préservés, les objectifs du Millénaire pour le développement ne pourront être atteints, prévient Ban Ki-moon.

La préservation des terres joue un rôle crucial s'agissant de garantir les ressources en eau douce, dont 70 % sert déjà à l'agriculture. D'ici à 2030, la demande d'eau devrait augmenter de 35 %. « Si nous ne changeons pas notre manière d'exploiter les sols, les ressources en eau risquent de diminuer et de devenir insuffisantes, les sécheresses risquent de se multiplier et de s'intensifier, » ajoute le Secrétaire général.

Rio +20 est l'occasion de mettre en valeur les nombreux systèmes et moyens de gestion intelligente et efficace des terres qui existent déjà ou sont en gestation. Un exemple probant d'une telle gestion innovatrice des terres désertiques revient à Yacouba Sawadogo, paysan du Burkina Faso, surnommé « L'homme qui a arrêté le désert ».

Comme nombre de paysans, Yacouba Sawadogo cultive ses terres, mais aussi une forêt. Quinze hectares de diversité biologique, véritable défi aux lois de la nature et au sens commun. Une forêt que Yacouba a plantée de ses mains, arbre après arbre, sur des terres inhospitalières et ce malgré certaines réactions hostiles.

Rare témoin des débuts difficiles, et parmi les tous premiers convertis, Cris Reij, Facilitateur des initiatives pour reverdir l'Afrique, spécialiste en gestion durable des terres, travaille pour le Centre pour la coopération internationale de l'Université libre d'Amsterdam, et suit depuis une trentaine d'années le parcours atypique de Yacouba Sawadogo. Ce dernier a mis au point le Zaï, une pratique agraire facilement reproductible dont la réputation et le succès ont largement dépassé les frontières.

Le succès mais aussi la jalousie suscités par la réussite de Yacouba Sawadogo sont parvenus aux oreilles de Mark Dodd, un documentariste britannique qui, après avoir travaillé près de vingt ans avec la BBC, a réalisé à son compte, en 2009, le film « L'homme qui a arrêté le désert ».

« L'homme qui a arrêté le désert » est un film que Yacouba Sawadogo regarde désormais, un brin amusé, au cours des débats qui lui sont consacrés. Le paysan illettré du Burkina Faso s'est déjà rendu, pour témoigner, en Europe, en Amérique et aussi en Corée du Sud, à Changwon, à la Conférence de l'ONU sur la désertification, où nous la Radio des Nations Unies l'a rencontré en 2011, en compagnie de Cris Reij, de Mark Dodd et de Mathieu Ouédraogo.

(Edition spéciale réalisée par Jérôme Longué et Florence Westergard à l'occasion de la période des Fêtes de fin d'année 2011)

Classé sous Dossiers, Environnement.
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18/10/2017
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