HCR : de plus en plus de Somaliens déplacés par les difficultés à subvenir à leurs besoins

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Une femme à Burao, dans le sud ouest de la Somalie, utlise un bon d'achat alimentaire du PAM pour acheter de la viande de mouton à un marchand local. Photo: WFP/Challiss McDonough

Principal motif de leur déracinement, un nombre croissant de déplacés somaliens citent les difficultés qu’ils rencontrent pour subvenir à leurs besoins, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

L’insécurité est toujours la cause majeure du déplacement à l’intérieur de la Somalie, qui représente 146.000 personnes cette année. « Ces derniers temps, nous avons vu toutefois de plus en plus de déplacés et de réfugiés invoquant des difficultés à subvenir à leurs besoins », a déclaré mardi le porte-parole du HCR, Adrian Edwards.

Ces sept dernières semaines, près de 6.000 Somaliens ont cité auprès du HCR ce type de difficultés, qui découlent habituellement d’un manque de précipitations saisonnières, facteur d’insécurité alimentaire. La majorité d’entre eux sont originaires des régions de la baie de Somalie, du Bas-Juba et de Bakool.

Cette année, le HCR a déjà enregistré 13.000 personnes déracinées pour cette raison, 4.400 pour le seul mois de mai.

Dans la région du Bas-Juba, les personnes se déplacent vers les villes de Diif, Quqani, Tabta et Dobley en quête d’eau et de pâturages. Elles se sont installées aux alentours de Dobley et de Diif, près de la frontière. Beaucoup sont désormais intégrées dans les communautés, alors que d’autres se sont installées à la périphérie des villes. Il y a des déplacements similaires dans et autour de Dollow, la région de Gedo qui est située à la frontière avec l’Éthiopie.

Cette semaine en Éthiopie, plus de 157.000 réfugiés somaliens se trouvent dans les cinq camps et le centre de transit de Dollo Ado. Depuis début juin, des réfugiés somaliens continuent de se présenter en nombre, au rythme de près de 1.200 nouveaux arrivants chaque semaine.

Ces réfugiés citent constamment l’insécurité physique et alimentaire croissante comme motif de leur déracinement, y compris la crainte de recrutement forcé par les milices Al-Shabaab.

« Beaucoup de nouveaux arrivants arrivent avec toutes leurs possessions, y compris des charrettes tirées par des ânes et le bétail ayant survécu. Beaucoup disent que d’autres membres de leur famille ou des voisins en Somalie ont l’intention eux aussi de partir », a précisé Adrian Edwards.

Le HCR et les autorités éthiopiennes ont convenu d’accroître la capacité du camp de Buramino pour qu’il soit en mesure d’accueillir plus de 25.000 personnes, tout en finalisant la sélection d’un site pour un sixième camp.

Des informations font également état de barrages routiers, dressés pour entraver les échanges commerciaux pour la nourriture et d’autres produits de première nécessité depuis la ville portuaire de Kismayo vers Afmadow, dans la région du Bas-Juba et Dobley.

« Nous soulignons avec inquiétude que la poursuite de cette situation pourrait avoir des conséquences négatives pour les déplacés et les communautés hôtes dans la région et contribuera à la hausse du prix des produits locaux », a indiqué Adrian Edwards.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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