Don du sang : l'OMS rend hommage au volontariat

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Chaque année, des millions de gens dépendent de la générosité des donneurs de sang. Cependant, le nombre de dons est très variable, tandis que la demande de sang et de produits sanguins ne cesse d’augmenter partout dans le monde.

À l’occasion de la Journée mondiale du donneur de sang, observée le 13 juin, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lance un appel pour encourager les gens à donner plus régulièrement leur sang – et ainsi à faire preuve d’« héroïsme ».

« Avec l’allongement de l’espérance de vie, qui se traduit par une augmentation du nombre de cas de maladies chroniques, notamment de cancers – dont le traitement nécessite du sang et des produits sanguins –, la demande est supérieure à l’offre », explique le Dr Neelam Dhingra, Coordonnateur de l’Unité Sécurité transfusionnelle de l’OMS.

« En outre, certains produits sanguins utilisés pour traiter les patients cancéreux, tels que les plaquettes, se conservent à peine cinq jours, ce qui signifie que nous avons besoin de davantage de donneurs pour répondre à la demande », a-t-il ajouté.

Les besoins augmentent dans toutes les régions du monde. Dans les pays à revenu élevé et intermédiaire, avec l’amélioration des systèmes de soins et de la couverture sanitaire, les besoins augmentent, les actes médicaux et chirurgicaux devenant de plus en plus complexes. Or, pour toute intervention chirurgicale importante, il faut disposer d’une réserve de sang.

En outre, les hémorragies sévères pendant ou après l’accouchement restent la principale cause de mortalité maternelle dans le monde. Lorsqu’elles se produisent, il faut administrer un traitement en urgence, y compris transfuser du sang et des produits sanguins, car le décès peut survenir en une heure.

D’autre part, chaque année, les accidents de la route font 1,3 million de morts et entre 20 et 50 millions de blessés ou d’handicapés dans le monde; 90% des décès consécutifs à un accident de la route survenant dans les pays en développement. Les hémorragies non contrôlées entraînent plus de 468.000 décès par an.

Dans les pays à faible revenu, où les outils de diagnostic et les possibilités thérapeutiques sont limités, la majorité des transfusions sont prescrites pour traiter les complications qui surviennent pendant la grossesse et l’accouchement et les cas d’anémie sévère de l’enfant, de traumatisme ou de troubles hématologiques congénitaux.

Dans bien des situations, les systèmes actuels ne permettent pas de répondre aux besoins alors même que l’extension de la couverture sanitaire et l’amélioration de l’accès aux services de santé font augmenter la demande.

On compte 92 millions de dons de sang par an dans le monde. La plupart des donneurs sont volontaires et bénévoles, mais 30 millions d’entre eux ne donnent leur sang qu’une seule fois. « Nous devons encourager ces donneurs à revenir et à devenir des donneurs réguliers », insiste le Dr Dhingra.

L’OMS rappelle que c’est possible, comme le montre l’exemple des 62 pays ayant atteint leur autosuffisance en termes de transfusion. Il en va ainsi du Viet Nam, où les dons du sang représentent 90% de l’approvisionnement total, ou des Îles Cook, où la proportion de sang collecté auprès de donneurs volontaires bénévoles est passée de 30% à 100 % entre 2002 et 2007.

(Interview : Tarik Jasarevic, porte-parole de l’OMS ; propos recueillis par Florence Westergard)

Classé sous Fréquence santé, Santé.
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19/10/2017
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