Syrie: forces gouvernementales et groupes d'opposition accusés de graves violations de droits de l'homme

Écouter /

Des manifestants en Syrie

Le Conseil des droits de l'homme a examiné, ce mercredi à Genève, le rapport de la Commission internationale d'enquête sur la Syrie. Le Président de ladite Commission, Paulo Pinheiro, a une nouvelle fois pointé du doigt les violations de droits humains commises par Damas, avec des exécutions dans l'ensemble du pays et d'une ampleur alarmante.

« La Commission a de bonnes raisons de croire que les forces gouvernementales et les milices shabbiha ont perpétré des assassinats illégaux, des arrestations arbitraires, des actes de torture et d'autres formes de mauvais traitements pendant le période sous examen », fait-il remarquer. La Commission a recueilli des témoignages montrant que les forces gouvernementales et les shabbiha ont commis des actes de violence sexuelle contre des hommes, des femmes et des enfants, a précisé Paulo Pinheiro.

Par ailleurs, la Commission estime aussi avoir de bonnes raisons de croire que des groupes antigouvernementaux ont exécuté des soldats gouvernementaux capturés, des shabbiha, des combattants étrangers et autres collaborateurs ou informateurs supposés. La Commission est particulièrement alarmée par les indications selon lesquelles des groupes armés antigouvernementaux utilisent des enfants comme messagers, les exposant à des risques mortels.

Le rapport de la Commission souligne que la crise en Syrie prend des allures d'un conflit armé non international dans certaines régions. Une crise marquée également par une multiplication des violences sectaires, avec des victimes prises pour cible en raison de leur appartenance religieuse.

Concernant le massacre de Houla, la commission d'enquête est incapable de déterminer l'identité des responsables pour l'instant même si elle estime que les forces loyales au gouvernement pourraient avoir été responsables d'un grand nombre de ces morts.

Face à ces accusations, le Représentant de la Syrie a dénoncé « une ingérence étrangère qui bafoue la paix dans son pays », avant de quitter les débats du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Au cours des débats qui ont suivi, des délégations ont condamné les violences qui se poursuivent en Syrie. Pour plusieurs d'entre elles, la responsabilité de ces violations des droits humains incombe en priorité aux autorités gouvernementales qui ont failli dans leurs obligations de protéger les populations civiles.

Tout en déplorant aussi le nombre de victimes, d'autres délégations ont pour leur part accusé certains pays d'inciter à la violence en armant notamment les forces anti-gouvernementales qualifiées par certains pays de « forces terroristes » dans le but de déstabiliser la Syrie.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...