Conseil de sécurité : Ban Ki-moon prône de nouvelles approches pour protéger les civils

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Ban Ki-moon présente son rapport sur la protection des civils, le 25 juin 2012, au Conseil de sécurité (Photo ONU/JC McIlwaine)

Le Conseil de sécurité présidé en juin par la Chine, a organisé ce lundi, un débat sur la protection des civils dans les conflits armés étayé par le neuvième rapport du Secrétaire général. Dans ce document, Ban Ki-moon déplore que trop de civils meurent dans de trop nombreux endroits. Des civils pris entre deux feux ou directement ciblés. Des civils qui, de fait, sont les victimes innocentes des attaques contre leurs communautés, souvent dans des lieux qui devraient être considérés comme des sanctuaires, tels que les hôpitaux, les écoles ou les lieux de culte.

Lors de la présentation de son rapport, Ban Ki-moon a dressé l'effroyable catalogue des violations des droits humains et du droit international humanitaire. Et le Secrétaire général de citer l'Afghanistan, la Somalie, le Soudan et le Soudan du Sud, la République démocratique du Congo (RDC), la Côte d'Ivoire, sans oublier la Syrie.

Ban Ki-moon a souligné les progrès du Conseil de sécurité notamment sur les dossiers ivoirien et libyen. De même la justice internationale a prononcé des jugements qui feront date contre Charles Taylor et Thomas Lubanga. Et les commissions d’enquête créées par le Conseil des droits de l'homme ont constaté des violations graves en Côte d’Ivoire, en Libye et en Syrie. Malgré cela des difficultés majeures restent à surmonter.

Le Secrétaire général a indiqué que son rapport met en évidence cinq défis fondamentaux pour la protection des civils. Premièrement: les parties au conflit doivent faire plus pour respecter le droit international humanitaire et les droits de l’homme. Deuxièmement: il y a un besoin urgent d’un engagement plus systématique avec les groupes armés non étatiques. Troisièmement: lorsque les missions de paix onusiennes ont pour mandat de protéger les civils, elles doivent avoir les ressources et les forces pour faire le travail. Quatrièmement: pour les civils pris au piège dans les conflits, la survie dépend souvent de l’aide internationale. Nous devons faire plus, beaucoup plus, pour assurer la sécurité, en temps opportun et un accès humanitaire sans entrave. Cinquièmement: la responsabilité : lorsque les autorités nationales ne parviennent pas à prendre les mesures nécessaires pour protéger les civils ou traduire en justice les auteurs de crimes de guerre et de graves violations des droits humains, je demande instamment au Conseil de sécurité d'exercer un leadership fort pour guider la réponse internationale.

L'intervention du Secrétaire général a été suivie, tout aussitôt, de celle de son adjointe aux affaires humanitaires. Valerie Amos, qui elle aussi a dressé un sombre bilan, ajoutant à la litanie des crises, le Yémen et le Mali, un conflit qui a forcé 174 000 personnes à fuir leur pays. Elle a également souhaité faire une série de recommandations pour réduire la vulnérabilité des civils notamment en renforçant les contrôles sur le trafic d'armes et en veillant à établir des bilans précis du nombre civils victimes des conflits.

Les représentants des Etats Membres du Conseil ont bien sûr ensuite pris la parole. A l'instar du Togo, qui par la voix de Kokou M'Beou a déploré le lourd tribut payé par les civils. Le diplomate a rappelé que 127 millions de personnes sont déplacées par les conflits et que 15 millions doivent se réfugier dans des pays voisins. Il a également fermement regretté le non-respect de principe de proportionnalité et l'utilisation d'armes lourdes dans les zones peuplées, notamment en Syrie. (9'') [2'45'']

Enfin, à signaler que Navi Pillay, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, dans une allocution lue par Ivan Simonovic, le Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme, a déploré la poursuite par Israël du blocus de la bande de Gaza. Navi Pillay qui est aussi préoccupée par le nombre de victimes civiles résultant de l'utilisation de drones armés au Yémen, au Pakistan et en Somalie.

(Mise en perspective : Jérôme Longué avec des extrait sonores des interventions de Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies; Valerie Amos, Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires; et Kokou M'Beou, Représentant du Togo)

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23/10/2017
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