Conférence internationale du Travail : Aung San Suu Kyi appelle les étrangers à investir au Myanmar

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Aung San Suu Kyi, Présidente de la Ligue nationale pour la démocratie et Parlementaire du Myanmar (Photo : OIT)

Aung San Suu Kyi, la charismatique chef de l’opposition birmane, a lancé jeudi un appel aux investissements étrangers favorisant le développement démocratique de son pays. L’appel a été lancé devant la Conférence internationale du travail, au premier jour de sa tournée européenne, une première après 22 ans de résidence forcée dans son pays. Aung San Suu Kyi a été accueillie au Palais des Nations par une immense ovation des 4000 délégués réunis pour la conférence internationale du travail à Genève. Les représentants de 185 pays ont applaudi debout la Prix Nobel de la Paix.

La « Dame de Rangoun » a réclamé des investissements pour son pays, en plein processus de transformation politique, après les élections d’avril dernier. « C’est une demande pressante de ma part », a-t-elle dit à l’adresse des délégués à la conférence. Elle a aussi réclamé de l’aide pour la jeunesse de son pays, qui n’a pas eu la chance de recevoir une éducation et qui souffre d’un chômage endémique. « Des jeunes sans emploi perdent toute confiance dans la société qui a échoué à leur donner une chance », a-t-elle ajouté, soulignant les problèmes de drogue et d’alcoolisme qui y sont liés

« Il faut encourager des investissements directs qui aboutissent à des créations d’emploi », a-t-elle encore plaidé. Aung San Suu Kyi a encore indiqué « qu’une politique de développement basée sur la démocratie, adossée à des réformes sociales, économiques et politiques va remettre notre pays sur le chemin du succès et du positif ».

« Gouvernements, entreprises, travailleurs, vous pouvez tous nous aider à créer la société qui offrira un avenir à notre pays », a affirmé la Prix Nobel de la Paix. S'elle admet que les entreprises étrangères ne viennent pas seulement par altruisme, la Dame de Rangoun souhaite que leurs profits soient partagés avec la population du Myanmar, notamment les jeunes, qui n’ont pas eu la chance d’avoir une éducation adéquate.

Aung San Suu Kyi a insisté en même temps sur une série de réformes qui sont encore nécessaires pour instaurer la primauté du droit et renforcer les institutions démocratiques au Myanmar.

La question des nombreux migrants birmans vivant en Thaïlande, a aussi été évoquée. « 80% de tous les travailleurs migrants en Thaïlande sont des Birmans, et ces travailleurs sont souvent confrontés à des violations de leurs droits », car ni le Myanmar ni la Thaïlande n’ont adopté les bases juridiques nécessaires pour mettre en oeuvre des règles internationales, a-t-elle indiqué. « Beaucoup de ceux que j’ai rencontrés en Thaïlande m’ont dit +nous voulons rentrer à la maison, et nous avons tous la responsabilité de leur assurer paix et sécurité à leur retour », a-t-elle dit.

« Bien des choses restent à faire pour traduire les promesses dans la réalité », a conclu Aung San Suu Kyi.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore d'Aung San Suu Kyi, Présidente de la Ligue nationale pour la démocratie du Myanmar)

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12/12/2017
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