Syrie : le Comité contre la torture s'inquiète d'informations faisant état de torture systématique

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Le Comité contre la torture a examiné, ce mercredi 16 mai à Genève, la situation en République arabe syrienne, en l’absence de délégation de Damas.  Le Comité n’a en outre pas reçu de cet État partie le rapport spécial qui lui a été demandé le 23 novembre dernier sur les mesures prises pour assurer ses obligations au titre de la Convention et sur les événements se produisant sur le territoire syrien.  Le Comité s'est inquiété des informations faisant état de torture systématique, notamment d’exécutions systématiques de civils, d’opérations conjointes des services de sécurité avec ordre de tuer, d’exécutions sommaires et même de torture d'enfants.

Selon la corapporteuse du Comité pour l’examen de la situation en Syrie, a déploré les meurtres et décès, la torture et le dérèglement du système de régulation.  L’intégrité physique et la vie humaine sont déniées en Syrie, a fait observer Essadia Belmir.

Elle a indiqué qu’elle allait livrer avec beaucoup de tristesse ses impressions sur la Syrie.

Les investigations du Comité contre la torture font état d’une dégradation continue des droits de l’homme et de l’utilisation systématique de la torture, de meurtres et de disparitions forcées: un ensemble de violations qui n’épargne même pas les enfants qui sont violés et torturés.  Il faut donc rappeler ses obligations à la Syrie, a souligné la corapporteuse.  Ce cas fait jurisprudence pour le Comité; «l’instant est grave, très important», a-t-elle déclaré.  Il y a des charniers que l’on ne connaît pas encore; des lieux de disparitions forcées que l’on est en train de chercher à localiser avec les moyens du bord, a poursuivi Mme Belmir, ajoutant que la crédibilité de tout le système des Nations Unies est en jeu.  Selon la Charte des Nations Unies, les États parties doivent défendre, protéger et ancrer les droits de l’homme, a rappelé la corapporteuse.

Alors que la Syrie n’a pas fourni au Comité les informations qui lui avaient été demandées, les événements sur place montrent que le Comité ne s’était pas trompé, a souligné pour sa part le Président du Comité, Claudio Grossman, qui est également rapporteur pour la situation en Syrie.  Il a précisé que les sources qui ont attiré l’attention du Comité sur la situation syrienne parlent d’exécutions systématiques de civils, d’opérations conjointes des services de sécurité avec ordre de tuer, d’exécutions sommaires, d’utilisation de balles réelles et de snippers contre la population civile, d’exécutions de manifestants non armés, d’utilisation de chars et d’hélicoptères, d’arrestations systématiques de blessés dans les hôpitaux, d’irruption des forces de sécurité dans des foyers de civils dont elles ont battu ou exécuté les habitants, femmes et enfants inclus, de torture lors de transferts de détenus d’un lieu de détention à l’autre, de torture lors des interrogatoires, de décès en détention, de détention et de torture de journalistes, d’arrestations arbitraires.  Le Comité ne peut pas non plus fermer les yeux sur les allégations faisant état de violences des groupes armés d’opposition, qui auraient également recours à des enlèvements et à la torture, a ajouté Claudio Grossman.  Le Comité est très préoccupé par la situation en Syrie car les informations portées à son attention font état d’allégations de torture systématique, a-t-il insisté.

(Extrait sonore : Essadia Belmir, Co-Rapporteuse du Comité contre la torture pour l’examen de la situation en Syrie)

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20/10/2017
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