Soudan: l’OIM préoccupée par l'annonce de l'Etat du Nil Blanc d'expulser 12.000 Sud-Soudanais

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Des Sud-Soudanais installés à la gare de Sharaja à Khartoum, en attendant leur retour à Juba. L'OIM juge « irréaliste » l'évacuation de 12.000 Sud-Soudanais de Kosti avant le 5 mai (photo: HCR).

L'Organisation internationale pour les migrations est vivement préoccupée par des informations faisant état d'une décision de l'Etat du Nil blanc d'expulser 12.000 à 15.000 Sud-Soudanais.  Le gouverneur de l’Etat du Nil Blanc, un Etat soudanais frontalier du Soudan du Sud, aurait demandé aux 12.000 Sud-Soudanais de quitter le pays avant la fin de la semaine.

Selon, Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'OIM, le gouverneur de l’Etat du Nil Blanc, Youssef al-Chambali, a confirmé avoir fixé au 5 mai le délai pour le départ des Sud-Soudanais qui attendent sur une aire de repos à Kosti, dans l’Etat du Nil Blanc.

Certains de ces Sud-Soudanais sont installés depuis des mois dans des abris de fortune à Kosti, en attendant de pouvoir partir par barge affrétée par l’OIM pour leur transfert au Soudan du Sud sur le Nil Blanc.

L'OIM a officiellement saisi les autorités de Khartoum pour leur demander un moratoire. « Mais nous n'avons pas reçu de réponse pour l'instant », fait remarquer Jean-Philippe Chauzy.

L'OIM juge qu'il est impossible de rapatrier 12.000 Sud-Soudanais en une semaine et juge la date-butoir du 5 mai « irréaliste ». « S'il s'agit d'évacuer par foie fluviale entre 12000 et 15000 personnes, il faudrait des mois pour bien mener ces évacuations », note le porte-parole de l'OIM.

L'OIM invite les autorités de Khartoum et de l’Etat du Nil Blanc de prolonger ce délai. « Dans les conditions actuelles, il est totalement impossible d'organiser des retours volontaires et en bon ordre sur le Soudan du Sud, au départ de Kosti », souligne Jean-Philippe Chauzy.

En attendant, l'OIM envisage « plusieurs alternatives et l'une d'elles est de ramener les plus vulnérables sur Khartoum avant d'essayer d'organiser un pont aérien entre la capitale soudaine et Juba ». « C'est hypothèse de travail » note Jean-Philippe Chauzy.

L'OIM rappelle que près de 350.000 Sud-Soudanais se trouvent toujours au Soudan après la date limite du 8 avril fixée par Khartoum pour leur départ du pays ou la régularisation de leur situation.  Depuis l’an dernier, l’OIM a aidé au transfert de plus de 23.000 Sud-Soudanais, la plupart par barge.

(Interview : Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'OIM à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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11/12/2017
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