RDC : le CICR inquiet de l'augmentation du nombre de victimes civiles dans les Kivus

Écouter /

Des portraits d'enfants séparés de leurs proches sont affichés au Sud-Kivu (photo : CICR / D. Akkari)

Le Comité international de la Croix Rouge est vivement préoccupée par la poursuite de la violence dans les deux provinces du Kivu qui s'étendent à des zones plus reculées et difficiles d'accès. Une situation qui entraîne, selon le CICR, des conséquences humanitaires dramatiques. L'organisme humanitaire s'inquiète de l'augmentation du nombre de victimes civiles et rappelle à toutes les parties aux conflits leur obligation d'épargner les populations.

Alors que les affrontements se poursuivent dans la zone frontalière de l'est du Nord-Kivu, les combats s'intensifient dans les territoires de Walungu, Shabunda et Kalehe (Sud-Kivu) et, plus récemment, dans les territoires de Walikale et Masisi (Nord-Kivu), faisant de nombreux morts, blessés et déplacés.

« La majorité des victimes sont des civils, dont de très jeunes enfants, des personnes âgées et des femmes. Les combats ont forcé les habitants de villages entiers à se déplacer, aggravant une situation humanitaire déjà précaire. Il est primordial que ceux qui ne participent pas aux hostilités soient épargnés », explique Laetitia Courtois, chef de la sous-délégation du CICR à Bukavu (Sud-Kivu). « Les combats ont souvent lieu dans des zones très reculées, ce qui rend notre accès aux victimes très difficile. Nous poursuivons notre dialogue avec toutes les parties au conflit, afin de pouvoir porter assistance aux personnes qui en ont besoin. »

Les équipes du CICR maintiennent ou développent un dialogue bilatéral et confidentiel avec les forces et groupes armés présents dans ces territoires, afin que les civils soient respectés et protégés, et que l'évacuation et le traitement des blessés et des malades puissent se faire sans entrave.

Par suite des combats, beaucoup d'enfants, certains très jeunes, se sont retrouvés séparés de leurs proches. Leurs parents ayant souvent été tués, ils ont généralement été pris en charge de manière spontanée par des voisins. Les personnes recherchées – des membres de leur famille, en priorité – se trouvaient pour la plupart dans des zones en proie aux combats. Beaucoup de ces enfants sont profondément traumatisés.

En plus des recherches porte-à-porte, les équipes du CICR et de la Croix-Rouge de la RDC ont eu recours à des photos et aux services de chaînes de radios locales. Les enfants séparés de leurs proches ont été systématiquement photographiés au moment de leur enregistrement, et leurs portraits ont été affichés dans des centres d'hébergement temporaires au Sud-Kivu. Grâce à ce système et à des bulletins réguliers diffusés par les radios locales, plus de 15 enfants ont pu être rapidement réunis avec un membre de leur famille.

Depuis le début de l'année, dans les zones touchées par les violences en République démocratique du Congo, le CICR a facilité l'évacuation de 127 blessés de guerre et la prise en charge de 156 nouveaux blessés dans cinq hôpitaux. Le CICR apporte un soutien régulier à trois hôpitaux au Nord et au Sud-Kivu, qui ont réalisé plus de 3 200 consultations de chirurgie, médecine et gynéco-obstétrique, effectué près de 570 interventions chirurgicales et admis plus de 2 000 patients en médecine interne.

(Extrait sonore : Marie-Servane Desjonquères, porte-parole du CICR à Genève)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...