ONU : taxer les transactions financières pour appuyer les droits de l'homme et le développement

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Magdalena Sepúlveda, Rapporteur spécial du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme en charge de l'extrême pauvreté. Photo: M. Garten

A la veille de la réunion préparatoire du G8 regroupant les ministres des finances européens, un groupe d'experts indépendants des droits humains les ont appelés ce lundi prendre les devants et à donner l'exemple en adoptant une taxe sur les transactions financières, destinée à contrecarrer les effets des crises économique, financière et énergétique , ainsi qu'à promouvoir les droits de l'homme.

« Alors que la crise financière a causé la perte de millions d'emplois, rendu publiques des dettes privées, et risque d'entraîner le recul des droits de l'homme dans plusieurs pays suite aux mesures d'austérité, une taxe sur les transactions financières (TTF) serait un outil pragmatique pour aider les gouvernements à protéger et instaurer les droits de l'homme de leurs citoyens», ont déclaré dans un communiqué de presse les experts indépendants du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme en charge de l'extrême pauvreté, de l'alimentation, des transnationales, de la dette extérieure, et de la solidarité internationale.

Pour ces cinq experts, qui se félicitent des récentes propositions de TTF dans la zone euro, il ne faut pas rater cette opportunité : les pays de l'Union européenne doivent prendre le leadership audacieux pour que la taxe devienne mondiale.

Cette taxe pourrait générer entre 48 et 250 milliards de dollars pour contrecarrer les coûts des crises multiples que connait la planète à savoir financière, du carburant, climatique et alimentaire.

Même si la TTF n'est pas une « solution magique », selon les experts, elle permettrait de ralentir la spéculation financière effrénée qui a entraîné les crises financière et alimentaire de 2008 et aiderait ainsi à stabiliser les marchés.

Les experts appellent aussi les gouvernements à réexaminer le rôle distributif de la taxation afin que le secteur financier et les riches contribuent en fonction de leurs moyens.

Enfin, la taxe sur les transactions financières pourrait, à l'instar de la Corée du Sud, permettre aux pays de financer leur développement.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

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20/10/2017
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