OIM : début du rapatriement aérien à Khartoum de milliers de Sud-Soudanais

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L'OIM à débuté l'évacuation aérienne de quelques 12 000 Soudanais du Sud (Photo: OIM-Jasper Llanderal)

L'OIM à débuté l'évacuation aérienne de quelques 12 000 Soudanais du Sud bloqués à Kosti vers Juba, au Soudan du Sud.

Les deux premiers vols affrétés par l'OIM, hier lundi 14 mai, sont arrivés à Juba depuis Khartoum, avec 326 passagers à bord. Un troisième avion a quitté Khartoum ce matin et un quatrième vol est également prévu ce mardi.

Les rapatriés d'hier, notamment des individus vulnérables tels que des personnes âgées, des malades et des familles avec des enfants en bas âge, ont été accueillis à l'aéroport de Juba par des responsables sud-soudanais avant d'être transférés à bord de bus de l'OIM vers un centre de transit géré par le HCR à l'extérieur de Juba.

Ces vols sont les premiers d'un pont aérien établi par l'OIM entre les deux capitales, destiné à rapatrier les Soudanais du Sud bloqués à Kosti vers le Soudan du Sud, suite à la déclaration d'indépendance du pays l'année dernière.

Selon Jill Helke, chef de mission de l'OIM au Soudan, bon nombre vivent depuis plusieurs mois dans des conditions difficiles au centre de transit, en attendant un moyen de transport, et souhaitent désespérément partir.

« Cette opération de grande ampleur permettra d'aider des milliers de personnes qui attendent déjà depuis trop longtemps à pouvoir rentrer au Soudan du Sud pour redémarrer leur vie. Pour ces gens, la récente détérioration de la situation politique a provoqué une réelle crise », a-t-elle confié.

« La mise en place d'un pont aérien est toujours compliqué et nous avons eu plusieurs contretemps et retards, mais nous espérons que ces premiers départs auront contribué a rassuré les personnes inquiètes. Notre but est à la fois de venir en aide aux deux gouvernements et d'aider les plus vulnérables à rentrer dans leur pays et dans leurs villages en toute sécurité et dans la dignité », a-t-elle ajouté.

Chaque départ a lieu à Kosti, où l'OIM prépare les manifestes des vols et dispense des examens médicaux avant le départ. Les rapatriés se rendent ensuite dans un centre de transit de l'OIM à Khartoum, à bord de bus affrétés par l'OIM. Le personnel de l'OIM, dont des escortes médicales, accompagne les plus vulnérables à bord de chaque vol.

Les passagers peuvent transporter un maximum de 20 kg de bagages. Le gouvernement du Soudan du Sud achemine l'excédent de bagages par camion depuis Kosti vers Renk, dans l'Etat sud-soudanais du Nil supérieur. A Renk, il sera transporté en bateau vers Juba.

Bon nombre de rapatriés ont beaucoup de bagages, ce qui représente un important défi logistique. Ces bagages contiennent de nombreux articles dont les rapatriés auront besoin pour reconstruire leur vie au Soudan du Sud, notamment des matériaux de construction et des motos.

Une fois arrivés à Juba, les rapatriés sont enregistrés par le personnel de l'OIM. Ceux dont la destination finale n'est pas Juba sont ensuite transportés vers le centre de transit du HCR, où ils reçoivent de la nourriture et un abri.

Le centre de transit ne peut actuellement accueillir que 1 000 personnes à la fois. L'OIM œuvre donc avec le gouvernement afin de trouver rapidement un espace où construire un autre centre de transit pour loger les quelque 12 000 Soudanais du Sud attendus depuis Kosti ainsi que d'autres arrivants.

La plupart des rapatriés d'hier ont déclaré à l'OIM que Juba était leur destination finale. Cependant, les rapatriés finissent souvent par rester au centre de transit pendant une longue période car les logements et les terrains constructibles à Juba se font rares.

Dans le même temps, un bateau de l'OIM transportant 1 700 rapatriés, parti de Renk dans l'Etat du Nil supérieur il y a deux semaines, traverse le fleuve et devrait arriver à Juba prochainement. Renk accueille actuellement quelque 17 000 rapatriés dans trois camps surpeuplés.

À ce jou l'OIM a aidé plus de 53 000 Soudanais du Sud à rentrer chez eux volontairement en train, en bateau et en avion, depuis 2011. L'aide au retour volontaire de l'OIM est menée à bien grâce au financement du Fonds humanitaire commun, approvisionné principalement par des donateurs européens, par le Fonds des Nations Unies pour les opérations d'urgence (CERF) et par le Bureau de l'aide humanitaire et de la protection civile (ECHO) de la Commission européenne.

L'OIM dispose de 2,3 millions de dollars pour financer les vols, les bus et pour payer le personnel requis pour transporter les rapatriés de Kosti vers Juba. L'Organisation estime avoir besoin de 5,5 millions de dollars pour terminer l'opération et lance un appel à la communauté internationale pour financer les 3,2 millions supplémentaires.

(Extrait sonore : Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'OIM ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/10/2017
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