Mali: l'OIM cherche des corridors humanitaires pour les déplacés dans le Nord

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Des déplacés maliens (Photo : OIM)

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) cherche à accéder aux populations déplacées « prisonnières des zones de conflit” dans le nord du Mali, sous contrôle de différents groupes armés. A cet égard, l'OIM travaille avec ses partenaires locaux, notamment avec la Croix-Rouge malienne, l'Association des municipalités du Mali (AMM) et la Protection civile malienne, « pour pouvoir accéder aux populations déplacées qui restent prisonnières des zones de conflit au nord du pays sans aide adéquate ».

Divers groupes armés, incluant une rébellion touareg et des islamistes, menaient depuis mi-janvier des combats contre l'armée malienne dans le Nord. Ils ont profité d'un coup d'Etat militaire le 22 mars contre le pouvoir central de Bamako pour accélérer leur offensive et ont pris entre fin mars et début avril le contrôle des trois régions administratives formant le Nord: Kidal (extrême nord-est), Gao (nord-est) et Tombouctou.

La crise alimentaire au Mali touche aujourd'hui quelque 3,5 millions de personnes, dont 1,84 million souffrent d'insécurité alimentaire grave. Les estimations actuelles indiquent que non moins de 147 000 personnes ont été contraintes à quitter leur lieu d'origine en raison du conflit, dont 45 000 ont trouvé refuge au sud du pays.

Environ 97% des déplacés internes vivent dans des familles d'accueil au sein de communautés d'accueil. Sur ce pourcentage, quelque 67% dépendent entièrement des familles d'accueil pour se nourrir.

« Les familles vulnérables déplacées, vivant dans des communautés d'accueil touchées par la sécheresse, épuisent les ressources déjà très limitées », déclare Lily Sanya, responsable du Bureau de l'OIM au Mali.

L'OIM a appelé à un financement urgent de 3,5 millions de dollars pour « fournir une aide vitale d'urgence aux Maliens déplacés qui ont fui les affrontements et l'insécurité » dans ces régions pour se réfugier à Bamako, la capitale, à Mopti (centre) et à Kayes (ouest).

Cette aide permettra de fournir des abris et articles non alimentaires, et d'assister des « groupes vulnérables de déplacés internes qui se sont regroupés dans les régions de Gao, Kidal et Tombouctou ».

Le financement est destiné aussi à assister les communautés d'accueil touchées par le conflit et par la crise alimentaire, car « les familles vulnérables déplacées, vivant dans des communautés d'accueil touchées par la sécheresse, épuisent les ressources déjà très limitées », précise dans le communiqué Lily Sanya, responsable du bureau de l'OIM au Mali.

Faute d'aide, prévient l'organisation, les déplacés internes risquent de “migrer vers les pays voisins, notamment la Mauritanie, le Burkina Faso et le Niger, qui ont déjà du mal à faire face à leur propre insécurité alimentaire et à l'arrivée” des réfugiés maliens.

(Extrait sonore : Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'OIM à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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