Libye : conforter les progrès et mener à terme le processus de transition

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Ian Martin, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Libye

Le Conseil de sécurité a entendu cet après-midi Ian Martin. Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye a insisté sur la tenue prochaine des élections, qui constituent une étape fondamentale du processus de transition. D'autant plus que les droits de l'homme et les principes fondamentaux ont été bafoués dans ce pays durant plus de 40 ans.

Ian Martin s'est dit aussi encouragé par le fait que depuis le début du mois, plus d'un million d'électeurs ont été enregistrés par la Haute Commission nationale des élections et par l'existence de 1 500 centres d'inscription. Le Représentant spécial a souligné que les élections ne représentent que le début et non l'aboutissement du processus de transition. En revanche, il s'est inquiété du retour des tensions et des conflits locaux qui existaient avant la révolution.

Des progrès ont aussi été accomplis sur le plan économique. Actuellement, le pays produit quotidiennement 1,4 million de barils de pétrole. Les particuliers ont de nouveaux accès à leurs comptes bancaires et l'activité commerciale reprend peu à peu.

Sur le plan sécuritaire, il faut rendre hommage aux efforts déployés aux niveaux local et national pour un retour à la normale. Les conseillers de la Mission de l'ONU pour les questions de police continue à dispenser formations et conseils en ce qui concerne la sécurité aux frontières, la logistique, la sécurité des élections et la communication auprès des médias. L'un des points clés réside dans l'intégration et la démobilisation des combattants révolutionnaires ainsi que le contrôle des armes.

De nombreux obstacles subsistent en ce qui concerne la justice et du rétablissement de l'état de droit. Des milliers de personnes sont toujours en détention pour des faits survenus durant le conflit. Le transfert de ces personnes sous l'autorité du ministère de la justice est très lent. Seulement 31 centres regroupant 3 000 détenus dépendent désormais du ministère. Selon les estimations, près de 4 000 personnes sont détenues par des brigades dans des prisons ou des lieux tenus secrets. Les cas de mauvais traitements et de torture continuent, notamment à Misrata, Tripoli, Zawiya et Zintan. La Mission de l'ONU a récemment exprimé sa vive préoccupation après la mort de trois détenus à Misrata. De même, des progrès conséquents sont nécessaires en matière de justice transitionnelle, y compris pour la nomination des membres de la Commission d'établissement des faits et de réconciliation.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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11/12/2017
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