Liberté de presse : le pouvoir de transformer les sociétés

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Irina Bokova, la Directrice générale de l'UNESCO

La Communauté internationale célèbre le 3 mai, la Journée mondiale de la liberté de la presse. Plusieurs manifestations se déroulent à travers le monde à cette occasion. A New York, une minute de silence a été observée en mémoire des journalistes disparus. Selon l'UNESCO, plus de 500 professionnels des médias ont perdu la vie dans l'exercice de leurs fonctions, au cours de la dernière décennie seulement.

Le Siège de l'ONU a aussi souligné l'importance de la liberté de la presse au cours d'une conférence à laquelle ont pris part plusieurs personnalités, parmi lesquelles le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et le Président de l'Irlande, Michael Higgins.

De son côté, Irina Bokova, la Directrice générale de l'UNESCO, a insisté dans un message sur le pouvoir de transformation des médias, en particulier dans les sociétés en transition ou sortant d'un conflit, où les jeunes prennent de plus en plus la parole : « Les changements intervenus dans le monde arabe ont mis en évidence le pouvoir des aspirations aux droits lorsque celles-ci s'expriment à travers les médias – nouveaux ou anciens. La liberté des médias nouvellement introduite promet de transformer les sociétés par un renforcement de la transparence et de l'obligation redditionnelle. Elle offre de nouveaux moyens de communiquer et de partager l'information et les connaissances. De nouvelles voix puissantes se font entendre – en particulier chez les jeunes – alors qu'elles étaient autrefois silencieuses. C'est pourquoi la Journée mondiale de la liberté de la presse 2012 a pour thème De nouvelles voix : la liberté des médias aide à transformer les sociétés. »

L'UNESCO insiste par ailleurs sur les menaces constantes, voire grandissantes, qui pèsent sur la liberté de presse et sur la sécurité des journalistes, tant dans les médias traditionnels que nouveaux.

Alors que les médias se tournent vers Internet, l'UNESCO fait remarquer que de plus en plus de journalistes en ligne, y compris des blogueurs, sont harcelés, attaqués et tués en raison de leur profession. « Ceux-ci doivent recevoir la même protection que les professionnels des médias traditionnels. » estime Irina Bokova.

La première Réunion interinstitutions des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité s'est tenue au Siège de l'UNESCO les 13 et 14 septembre 2011. À cette occasion, un plan d'action a été élaboré afin que le système des Nations Unies puisse créer un environnement plus libre et plus sûr pour les journalistes et les professionnels des médias où qu'ils se trouvent. Dans le même temps, l'UNESCO veille à renforcer les fondements juridiques nécessaires au développement de médias libres, pluralistes et indépendants, en particulier dans les pays traversant des périodes de transformation ou de reconstruction après un conflit.

« Face à la surabondance de l'information, nous devons notamment aider les jeunes à acquérir un sens critique ainsi qu'une plus grande maîtrise des médias. » précise Irina Bokova dans sa déclaration.

(Extrait sonore : Irina Bokova, Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO))

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16/10/2017
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