Journée de la biodiversité : protéger les écosystèmes marins pour une meilleure vie sur terre

Écouter /

La vitalité des écosystèmes marins sous toutes leurs formes sera l'un des enjeux qui seront abordés lors de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, à Rio de Janeiro en juin prochain. La biodiversité marine est justement l'angle choisi pour l'édition 2012 de la Journée internationale de la diversité biologique, célébrée ce 22 mai.

Des micro-organismes aux grands mammifères que sont les baleines, les écosystèmes marins abritent une diversité aussi précieuse que fragile. Cette Journée est aussi l'occasion de rappeler que la santé des océans est intimement liée au bien-être des espèces terrestres, dont l'être humain.

De 2000 à 2010, une collaboration sans précédent à l'échelle mondiale entre les scientifiques du monde a tenté de déterminer l'ampleur des formes de vie dans les océans. Le projet surnommé « Recensement de la vie marine » impliquait 2 700 scientifiques provenant de plus de 80 nations ayant participé à 540 expéditions à travers le monde entier. Ils ont étudié la surface des eaux des océans, sondé leurs profondeurs obscures, vogué sur les mers tropicales et exploré les océans parsemés de glaces en Arctique et en Antarctique.

Au moment où le recensement a pris fin, 1 200 espèces nouvelles ont été ajoutées à liste connue des espèces marines et les scientifiques continuent d'étudier 5 000 spécimens supplémentaires afin de déterminer si elles sont véritablement de nouvelles espèces.

Le nombre estimé d'espèces marines connues, celui des espèces ayant été identifiées ainsi que celui des espèces qui ont été documentées mais pas encore classifiées a augmenté jusqu'à 250 000, un résultat direct des efforts menés dans le cadre de ce projet de recensement. Dans son rapport final, l'équipe du recensement suggère que celles-ci totaliseraient environ un million. D'autres pensent que ce nombre pourrait être deux fois plus grand.

En dépit de cette diversité impressionnante, les espaces marins ne sont pas à l'abri des menaces que représentent la pollution, la surpêche et le changement climatique, pour n'en nommer que quelques-unes. Ces phénomènes accroissent la pression sur les espèces marines, notamment les coraux. C'est pourquoi les pays se sont engagés, depuis 2002 à délimiter des zones protégées, par exemple en Micronésie et autour de l'archipel d'Hawaï.

Pour David Ainsworth, du Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, il importe de reconnaître que diversité marine et qualité de vie terrestre vont de pair. L'être humain tire énormément de ressources des océans : 15% des protéines animales consommées par l'homme viennent des eaux ; de nombreux produits cosmétiques, tels que crèmes et dentifrice, contiennent des produits marins ; sans compter que les micro-organismes marins produisent près de 50% de l'oxygène qui est respiré sur terre.

Au niveau politique, David Ainsworth s'attend à ce que les pays réunis à la Conférence Rio+20 intègrent le rôle des océans dans les perspectives de développement durable pour le XXIe siècle. Il espère aussi voir des engagements plus spécifiques émaner de la 11e réunion des États parties à la Convention sur la diversité biologique, qui se tiendra en Inde au mois d'octobre prochain.

(Interview : David Ainsworth, Chargé de l'information au Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique ; propos recueillis par Frédéric Choinière)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
14/12/2017
Loading the player ...