FMI : l'Afrique subsaharienne plus résiliente à la crise économique

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Une chaîne d'emballage de fèves, en Éthiopie

Alors que de nombreux pays, dont ceux dits avancés, continuent de subir les effets du ralentissement de l'économie mondiale, l'Afrique subsaharienne fait figure de remarquable exception. Cette année encore la région devrait connaître une croissance solide, aux dires du Fonds monétaire international (FMI), qui a publié en avril la dernière édition des Perspectives économiques régionales pour l'Afrique subsaharienne.

Roger Nord, du Département Afrique du FMI, précise que cette solide performance s'explique par les bonnes politiques budgétaires mises en œuvre par les gouvernements au cours de la décennie précédant la crise de 2008. Les États qui avaient ainsi réduit leur endettement ont pu augmenter les dépenses une fois la crise arrivée, de façon à soutenir la croissance à court terme.

Le relatif isolement des 54 États africains, tant au niveau du système bancaire qu'au niveau du marché mondial, a aussi pu protéger l'économie africaine des facteurs négatifs qui ont plombé l'économie de beaucoup d'autres pays, notamment en Europe et en Amérique. Selon Roger Nord, l'Afrique dépend moins aujourd'hui des économies des pays avancés, alors que de plus en plus des échanges commerciaux du continent se font désormais avec des pays émergents, dont la Chine.

En dépit de ce bilan positif, Roger Nord met en garde les économies africaines à deux égards : la prolongation du ralentissement en Europe, qui demeure un partenaire économique d'envergure, pourrait avoir des répercussions négatives ; et la flambée des prix du pétrole pourrait se traduire par une précarité accrue, notamment chez les plus démunis qui verraient le prix du carburant, mais aussi des produits courants, augmenter.

(Interview : Roger Nord, Département Afrique du FMI ; propos recueillis par Lika Gueye)

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17/10/2017
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