Droits de l'homme : Amnesty International épingle le Conseil de sécurité

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Le Rapport 2012 d'Amnesty International recense des restrictions spécifiques à la liberté d'expression dans 91 pays et des cas de torture ou d’autres mauvais traitements – infligés bien souvent à des personnes en raison de leur participation à des manifestations – dans 101 pays.

Selon cette Organisation, il ne suffit pas de se débarrasser de tel ou tel dirigeant, aussi tyrannique soit-il, pour instaurer un changement durable. Les gouvernements doivent respecter le droit à la liberté d'expression, chez eux et à l'étranger ; ils doivent prendre au sérieux leurs responsabilités au niveau international et investir dans des systèmes et des structures qui garantissent la justice, la liberté et l'égalité devant la loi.

La conférence des Nations unies prévue en juillet 2012 en vue de l’adoption d’un traité sur le commerce des armes sera l'épreuve de vérité pour les responsables politiques : ce sera le moment pour eux de placer le respect des droits humains au-dessus du profit et de leurs propres intérêts. Sans un traité fort, le Conseil de sécurité de l’ONU semble promis à l'échec dans son rôle de gardien de la paix et de la sécurité internationales. Ses membres permanents, qui sont les plus gros fournisseurs d'armes de la planète, détiennent en effet le droit de veto sur toutes les résolutions.

Dans l'interview qu'il a accordée à Maha Fayek, José Luis-Diaz, Représentant d'Amnesty International aux Nations Unies explique que les manifestants dans le monde arabe ont montré que le changement était possible. Cependant, le Conseil de sécurité de l”Onu est apparu au cours de cette année “usé, déphasé et de plus en plus inadapté aux besoins”, estime Amnesty International dans son rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde.

Amnesty International a par ailleurs lancé un appel en vue de l’adoption “d’un traité fort” sur le commerce des armes lors de la conférence des Nations unies prévue en juillet. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Grande-Bretagne, Chine, Etats-Unis, Russie et France) représentent quelque 70% des exportations mondiales d’armes, souligne l’organisation de défense des droits de l’homme qui appelle à faire “passer les êtres humains avant les entreprises, et les droits avant les profits ».

(Extrait sonore : José Luis Diaz, Représentant d'Amnesty International aux Nations Unies ; propos recueillis par Maha Fayek)

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12/12/2017
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