Côte d'Ivoire : diversifier l'économie après la crise postélectorale

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Un sac de cacao prêt à l'exportation . La Côte d'Ivoire réformera la filière cacao pour réduire sa dépendance économique envers ce produit (Photo : FMI/Hahn/Corbis)

Après des années de conflit, la plus grande économie d'Afrique de l'Ouest se tourne vers l'avenir avec des politiques revigorées. C'est ce qui ressort d'un entretien avec Charles Koffi Diby, Ministre des finances de la Côte d'Ivoire.

Au micro de Lika Gueye, du Fonds monétaire international, il détaille les différentes actions prises par le gouvernement au sortir de la crise postélectorale pour redynamiser, mais aussi diversifier, l'économie nationale.

La gestion des finances publiques se veut plus transparente, aux dires du Ministre des finances. Charles Koffi Diby explique ainsi que des consultations avec des représentants de la société civile et les citoyens ont lieu périodiquement pour présenter le budget et recevoir les questions du public sur la façon dont les deniers publics sont dépensés. « Je pense que ça permet de réduire les tensions sociales, parce que tout le monde sait qu'est-ce qui se trouve dans les caisses de l'État et qu'est-ce que nous en faisons », avance-t-il.

Un autre point majeur du plan de reprise économique est la réforme du secteur du cacao. Le gouvernement mise sur une réforme fiscale qui pourrait permettre aux paysans d'augmenter jusqu'à 60 pourcent la part du prix du cacao qui leur revient.

En outre, une diversification de l'agriculture est nécessaire, précise le Ministre des finances ivoirien, selon qui l'hévéaculture, la culture de la noix de cajou et la culture vivrière se portent bien et jouent un rôle primordial dans l'économie.

Le secteur secondaire, soit l'agro-alimentaire, doit aussi faire l'objet d'investissements. Pour Charles Koffi Diby, ceci passe par des partenariats avec le secteur privé, bien qu'il reconnaisse que de meilleures infrastructures et un climat sécuritaire soient des conditions nécessaires aux investissements directs étrangers.

Enfin, l'emploi – des jeunes, notamment – demeure une préoccupation majeure aux lendemains de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire. Le secteur agricole peut employer plus de jeunes Ivoiriens, estime le Ministre des finances, à condition que les conditions de vie soit plus attirantes pour les cultivateurs, notamment en matière d'accès à l'eau, à l'assainissement et aux transports, pour favoriser les échanges commerciaux.

Le Ministre des finances reconnaît par ailleurs que le récent conflit a handicapé la formation de la jeune génération, créant un « déphasage » entre les aptitudes de ces travailleurs et les attentes des employeurs. Charles Koffi Diby précise que le gouvernement « est en train de tisser des partenariats public-privé pour un 'recyclage' de ces jeunes, pour qu'ils soient mieux employés par les industriels qui veulent s'installer » dans le pays.

(Interview : Charles Koffi Diby, Ministre des finances de la Côte d'Ivoire ; propos recueillis par Lika Gueye, FMI)

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19/10/2017
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